î»s HISTOIRE
distance de cet astre (a). On pouvoit donc connoître cettedistance en stades semblables à ceux qu’avoit employés Eratof-thenes , c’est-à-dire , par des mesures qui font fous la main deTliomme, 6c qu’il apprécie par le plus intime & le plus exacstde fes sens. Voilà la méthode générale que nous devons àHypparque ; elle ne fut appliquée par lui qu’à la lune. Laparallaxe de cette planète étant la plus grande de toutes, futla premiere sensible ; les autres n’étoient pas mesurables patles instrumens de ce tems. L’entreprife de mesurer la distancede ces astres, quî roulent au loin fur nos têtes, est peut-être laplus extraordinaire que l’efprit humain ait jamais tentée! C’estcelle qui étonne le plus ceux qui ne íont pas initiés dans lesmystères de l’astronomie : leur surprise augmenterait encores’ils connoiífoient bien la petitesse de notre globe comparé àces distances. Les favans ont de quoi admirer , quand ilspensent que l'homme si petit fur ce petit globe, a fu en s’ai-dant de nouveaux organes, appliquer les siens à des objetsque 1a. nature a placés si loin de lui. Cependant la méthodeune fois inventée 6c connue , rien ne parent plus simple.
§. x X I.
Hypparque, incertain fut la quantité des parallaxes dela lune , le fut également fur fes distances : il appercevôicbien que cette distance de la lune à la terre étoit variable; il
(a) En eíFet le rayon visuel, qui vadc l’observateur placé sur la suisace de laterre , à l’astre observé , le rayon de notreglobe , & la ligne menée du centre de laterre à l'astre, sont trois lignes droites quiforment un triangle. L’angle au centre dela terre est droit, l’anglc à ! astre est laparallaxe donnée par observation ; si l’onsuppose connu le rayon de notre globe ,
on pourra connoître par le calcul la ligMmenée du centre de la terre à l’astre, ^qui fait fa distance : on saura combien 1 Srayon de notre globe est contenu de f°> sdans cette distance : ce rayon du globe i sla terre est la mesure commune à toute*ces distances des astres ; mais ce ray 0 * 1,étoit déterminé par l’opération d’Eratol-'tlienes.