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vase. La vraie opinion d’un siecle est dans la tête des grandsliommes qu’il a produits.
L’opinion du siecle de Tycho ne doit être , suivant nous ,que l’opinion de Tycho même; car il faut avouer que ce grandhomme sut astrologue &• superstitieux : placé entre les astrolo-gues ignorans, ses prédécesseurs , 6c les astronomes éclairés *■que ses travaux dévoient former , il avoir encore un pied dansle bourbier de l’ignorance , quoiqu’il se fut agité pour ensortir. La jeunesse de Tycho fut infectée de l’astrologie; maisle premier dans un siecle qu’il élevoit avec lui, il n’a dû garderde cette erreur que ce qu’il a été forcé d’en retenir : fa croyanceest celle à laquelle il n’a pu échapper ; c’est donc la croyancequi appartient essentiellement au siecle. II tenoit à l’astrologiepar le principe qui l’a fondée , par l’opinion que les choseshumaines font sujettes à des vicissitudes ôc à des retours , 6Cque les constantes révolutions des astres , qui s’achevent enmême tems, peuvent y avoir été liées dans le grand desseinde l’être suprême.
Les tems, qui précédèrent Tycho, furent fertiles en fameusesprédictions. Nous avons parlé de celle d’une destruction géné-rale du monde, annoncée par tous les astrologues pour l’a n née-i i 8 6 ; prédiction, qui répandit la consternation dans l’Lu-tope (a).
Stofster, astrologue Allemand , fe hasarda encore à prédireun déluge, qui devoit arriver l’a n i f 24, en même tems quela conjonction des trois planètes supérieures dans le signe despoissons (b). Mais le genre humain échappa, en 1 5 14 , à ^prétendu déluge (c), comme en 1 1 8 6 il avoit échappé à l#
(a) Supra , p. 145.ij>) Bayle., Art. Stoífler.
(c) La consternation nc fut pas moins
grande* Ceux qui habitaient près de !a mçr& des rivières, abandonnoient leurs œ* 1sons, & vendaient à vil prix leurs champ,