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níême époque , qui chantoient des vers qu’ils n’éerivoient pas , q m n’avoientpoint la mémoire de tems fort anciens, & qui, dans des rems postérieurs ,n auroient peut-être pas su que leurs ancêtres avoìent assiégé le (dapitoie, sties Romains ne le leur avoìent appris. îl est clair que les inventions s’éten-dent par plus de perfection & d’usage, dans ie pays où elles font nées,comme les plantes font plus vigoureuses Sc plus fortes, dans le fol où ellesfont indigènes. Si les Gaulois, dans des rems très-reculés, avoìent été lesinventeurs des lettres , César auroit trouvé chez leurs deícendans des archi-ves , des mémoires écrits, des historiens,5 mais nos ancêtres n'ont point deSanchoniaton à opposer aux Phéniciens. Il faudroit du moins convenir quesi cette invention appartient aux Gaulois, elle leur a écé suggérée par lanécessité d’un langage \ mais qu’ayant une fois satisfait à ce premier besoinde toute société naissante , la société ne s’étant point perfectionnée , îelangage est resté barbare. Alors il faut accorder une grande supériorité auxPhéniciens qui Pont perfectionné: il faut croire que les colonies entraînaienthors du pays tous ceux des Gaulois qui avoient quelque esprit 8c quelquetalent ; il ne restoit que la partie la plus grossiers de la nation : alors toutce que les Gaulois ou leurs colonies ont fait de glorieux & d’utile , ils Pontfau hors de chez eux. Aujourd’hui, &: depuis plus d’un stecle, que les sciencesfont cultivées en France avec éclat, on ne dira point que la constitution de1 air Sc du fol est contraire au progrès de I esprit humain. Mais ce qui dé-cidé entierement la question , ce qui prouve que l’Europe & fur - tour laGaule n’a point eu cPastronômes avant les Grecs, c’est un passage de Pline
que nous allons citer: Africain Hispanias , G allias Jîieri non erit mirum :ncmo enìm ohfervavic in ïis qui Jîderum proderh exortus {a). Pouvons-nous ensavoir plus que Pline qui croît beaucoup plus près que nous des tems dontnous parlons, qui étoit très-instruit, & qui devoit connoître les Gauloismieux que nous ne le pouvons faire aujourd’hui ?
§. 111 ,
Nous remarquerons une analogie singulière, qui n’offre pas les mêmesdifficultés. On fait que la plupart des langues diffèrent les unes des autrespar leur alphabet, c’est-à-dire , par la quantité des sons , & par le nombredes caractères qui les expriment. Les lettres apportées dans la Grece parCadmus etoient au nombre de 16 ( b ) • la langue tunique, qui est l’ancienne
(a) Pline , Lib. XVIII, c. i;.
(.è) Ibid. Lib. Vil* c. 5 6,