DE L’ASTRONO MIE MODERNE 15
approchant de la surface de seau ; il crut voir deux effets dansla réfraction, il la décomposa, & il établit une premiere partiefort petite , qu’il appeloit la réfraction íìmple , & qui étoitproportionnelle aux angles d’inclinaison. Cette réfraction simple,multipliée par la sécante des mêmes angles , donnoit la véri-table réfraction {a). Ayant trouvé cette loi par les réfractionsdans l’eau, il Rappliqua aux réfractions dans l’air, & il trouvaqu’elle représentoit assez bien les quantités observées par Tycho.En effet les réfractions qu’il calcula font très-petites 8c presqueinsensibles depuis le zénith jusqu’à 45 °, où elles commencentà croître toujours de plus vîtc en plus vîte jusqu’à l’hori-zon {b).
II faut remarquer que Kcpler donne à la cause toute sagénéralité ; il ne pense pas qu’elle cesse ni à 20 ni à 45 0 ,comme Rothman 8c Tycho l’avoient supposé. S’il n’a pas trouvéla vraie loi, la vraie mesure , il a du moins montré qu’il y enavoir une , Sc ses efforts infructueux ont invité à des effortsplus utiles. Si nous considérons ce travail du haut de nossciences perfectionnées, nous n’y verrons qu’une vérité man-quée ; mais si nous nous transportons au tems de Kepler, nousy verrons un premier succès de l’esprit inventeur.
§. X I.
Kepler fit encore un pas vers la vérité , & pour la géné-ralité de la cause des réfractions ; il établit qu’elles étoient lesmêmes pour tous les astres. L’air est une glace au travers delaquelle nous voyons les objets ; la réfraction est un défaut decette glace , 8c le défaut affecte tous les objets dont elle noustransmet les images. Tycho avoit cru que la distance de l’astre,
(a) Paralij). ad Vìtel. p. x 13 & 114.
(t) lbìd. p. 114& ii/.