DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 43rappelant aux faits Sc aux observations, en lui fermant mêmeles dépôts où ils étoient contenus. Mais lorsque la mort deTycho fit passer ces dépôts à son successeur , il y vit un im-mense recueil de vérités, il les considéra comme les matériauxde Tédifice du monde; peut-être y voyoit-il déjà Tordre deTunivers, les causes du mouvement, Sc les loix de la nature,comme un statuaire habile apperçoit dans la marte d’un blocde marbre une belle figure, dont Tattitudc Sc les proportionsexistent dans fa tête. II médita ces observations pendant septans , avec une sagacité égale à sa persévérance ; Sc- ces septannées produisirent le commentaire fur les mouvemens deMars , Tun des plus beaux ouvrages qui ait jamais été exécutépar Thomme, armé de la patience Sc du génie.
§. XXIX.
Un heureux hasard porta ses méditations fur lès mouve-mens de cette planète , qui offroit en même tems plus dedifficultés Sc plus de moyens pour les résoudre. Après Mercure,qu’on ne peut observer que rarement, c’est la plus excentriquede toutes les planètes : quelle que soit la cause qui les écarted’une orbite circulaire , il est évident que les effets doiventêtre ici plus marqués Sc plus multipliés ; voilà les difficultés :une course plus rapide , une révolution plus souvent recom-mencée multiplie les observations ; voilà les moyens de solu-tion. Kepler raconte (a) que Rheticus, disciple distingué deCopernic , avoit désiré de réformer Tastronomie , mais qu’é-tonné da mouvement de Mars, il n’avoit jamais pu Texpliquer.Rheticus invoqua son génie familier, qui apparemment fâchéd’être interrompu, le saisit par les cheveux , Téleva au plafond,
00 Comment, in sitllam Munis , Ep. dédit, ai Rodolph, II,
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