Band 
Tome second.
Seite
52
JPEG-Download
 

5* HISTOIRE

une exactitude plus grande , il fit des efforts incroyables. Leslogarithmes n’étoient pas inventés , le calcul n’étoit pas alorsfi tacile qu’il Test aujourd’hui. Chacun de ces calculs occupe dixpages in-folio j il les répéta jufqu’à 70 fois: 70 calculs font donc700 pages. Les calculateurs savent combien on fait de fautes ,combien il faut recommencer, & le tems qu’exigent 700 pagesde calcul, (a). Cet homme étoit étonnant; son génie n’étoitpoint rebuté de ces recherches minutieuses êc pesantes , ôc cesrecherches n’ufoient point son génie.

Avec ces élémens, Kepler calcula douze observations deMars opposé au soleil , faites par Tycho lui - même , Lc ilmontra que ces observations étoient beaucoup mieux repré-sentées lorfqu’on les rapportoit au lieu vrai, que lorfqu’on lesrapportoit au lieu moyen du soleil : fa méthode étoit doncpréférable ; elle approchoit plus de la vérité, èc fauteur l’em-portoit fur Tycho. Mais Kepler étoit trop grand pour ne luipas rendre justice ; il déclare qu’un excellent observateur telque Tycho , est un présent de la bonté divine pour la perfec-tion de l’astronomie, & que la reconnoissance de ses successeursdoit être d’établir des théories auílì bonnes que fes observa-tions (b).

Cette méthode ne fuffifoit cependant pas encore: en repré-sentant la longitude de Mars à deux minutes près , elle nerepréfentoit pas la latitude , à moins qu’on ne partageât l’ex-centricité de la terre en deux , & alors la longitude n’étoitplus représentée qu’avcc des erreurs de huit minutes. Si Kepler,comme il le dit lui-même , eût négligé cette erreur , l’astro-nomie arrêtée n’eût plus fait aucun progrès entre fes mains (c).

(sl) In sttllam Marti 1 , Cap. XVI, {b) Jbid. C. XVIII & XIX, p. ioí & 113.

pag- Si- (c) Ibid. C. XIX, p. 11 j.