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peut voir comment il a pressé les partisans de cette opinionde l’ame ou de 1 intelligence des astres {a). S’il conserve deségards, c’cst qu’il traitoit cette opinion antique comme souventà la Cour on traite les gens en crédit, qu’on respecte tant qu’ilsfont en place, en cherchant à les détruire.
Nous ne suivons point Keplcr dans l’cxplication des équa-tions de la lune , dans les raisons pourquoi les planètes nes’écartent pas du zodiaque , 6c s’écartent inégalement del’écliptique (S) ; car il entrevoyoit plutôt le principe qu’il nele voyoit réellement 6 C distinctement ; en conséquence pluson s’éloigne de cette image altérée de la vérité , plus les consé-quences deviennent incertaines & fausses.
tz. X L I I I.
La marche des hommes est d’étudier la nature par desfaits séparés. Lorsqu’ils ont assez vu, ils se retirent avec eux-mêmes. Les faits font amassés dans leur tête , la chaînemanque ; mais cette chaîne existe, il est donc possible de ladécouvrir. Ceux qui ont reçu du génie prennent le crayon ,ils dessinent un plan : voilà où étoit parvenu Kepler. Alors ilne s’agit plus que d’appliquer ce plan tracé par ^imaginationfur le grand modelé, qui est la nature : il faut revenir à l’ob-servation. Le don le plus heureux d u ciel, Pinvention est placéeentre les faits qui fondent les systèmes & les faits qui lesvérifient.
Kepler avoit établi que les planètes se mouvoient inégale-ment , avec plus ou moins de vitesse, il en avoit cherché ôítrouvé la cause ; il revint sur ses pas pour trouver la mesure
(a) In Jlcllam Martis , Cap. XXXIX,pag. i 8 j.
(b) Ibid. C. XXXVI» p. 181> C- XXXVII,p, 181.