Band 
Tome second.
Seite
103
JPEG-Download
 

DE L’ASTRONO MIE MODERNE. 103bourg , prétendit avoir découvert les satellites de Jupiter aumois de Novembre 1609; il prend à témoin de la vérité dufait M. Fuchs à Bimbach, conseiller intime de l’Ele&eur, maisil ne mit au jour l’ouvrage où il publia cette découverte qu’cn1614, quatre ans après Galilée. 11 faut publier promptementce qu’on fait & ce qu’on a vu de nouveau dans les sciences ,les tardifs font toujours malheureux. II feroit injuste de pro-noncer fur la prétention de Simon Marius , mais il ne peutl’emporter contre un grand homme qui avoit parlé avant lui:son idée la plus singulière fut d’avoir voulu donner aux satel-lites les noms des maîtresses de Jupiter, Io, Europe, Calisto,auxquellcs il joignit Ganimede (a). Ce n’étoicnt plus des gardes,c’étoit le serrail du maître des Dieux. Mais ce qui lui fait réel-lement tort, c’cst qu’il se pressa trop de déterminer les mou-vemens de ces astres; il accompagna son annonce d’unc très-mauvaise théorie. Galilée, peut-être un peu fâché de le ren-contrer dans son chemin , alla même jusqu’à croire qu’il neles avoit jamais vus. Dominique Calsim lui est plus favorable;il ne doute point que Simon Marius n’ait vu les satellites deJupiter, mais il pense sur sa théorie comme Galilée. On peutdire encore que deux prétentions sc nuisent; il avoit égalementvu les taches du soleil. Quand on a vu tant de choses, il estfâcheux de se laisser prévenir, èc de ne le dire qu’après lesautres. Une découverte qui lui appartient réellement est cellede la nébuleuse dans la ceinture d’Andromede; nébuleuse dif-férente de celles qui étoient connues. Celles-ci ont une lumièrepâle, terne , mais partout égale ; la nébuleuse d’Andromedeest un point blanc d’où sortent plusieurs traits d’une lumièrede la même nature , mais distinguée en rayons. Cette lumière

(a) ttfeiJler, p. 431.