DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 107
les esprits ; on épie ses regards, on recueille ses paroles : ceuxqui font assis plus bas ne font pas entendus. Tout ce qui estabandonné au jugement des hommes est donc sujet à l’injus-tice ; Sc dans la république des lettres comme dans les autresétats, les rangs font tout, Sc les grands dévorent les petits!Jean Fabricius avoit dit les mêmes choses que Galilée , Scavant lui ; il avoit reconnu que les taches étoient dans le soleilmême , que sa rondeur étoit la cause de leur diminution versles bords ; il avoit même rappelé la conjecture ingénieuse deKepler sur la rotation de cet astre. On voir qu’il incline à assi-gner cette cause , non encore suffisamment établie , au mou-vement des taches (a). Nous lui rendons ici la justice qui luiest due : c’est après l’enthousiasme cessé , après les honneursdécernés au génie vivant, que l’histoire impartiale prononce;elle distribue avec équité les places grandes Sc petites, Sc -àchacun suivant sa mesure. Ce Jean Fabricius étoit fils deDavid Fabricius , qui avoit découvert en 159 6 l’étoile chan-geante de la baleine (^); étoile nouvelle, plus singulière queles autres du même genre , étoile qui nous présentera desphénomènes étonnans, mais que nous ne devons pas annonceravant le tems. David Fabricius fit des observations : il estencore remarquable pour une explication de la route elliptiqueque Kepler avoit assignée aux planètes , il faisoit voir quecette courbure, selon lui apparente, naiísoit de la compositionde plusieurs cercles (c). Son fils avoit meilleure vue , étoit plusphilosophe que lui ; ce n’étoit pas l’être alors que de com-battre pour le système de Ptolémée Sc pour les mouvemenscirculaires.
(a) Joan. Fabricius, Narraeio de maculis,lili.
(b) Kepler, Afir, ope. p. 44 6.
(c) Kepler, Epitom. aftron. cop. p. 67).
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