HISTOIRE
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§. XIX.
L’homme , aidé du télescope , s’étoit avancé dans l’efpace,mais la nature , en lui ouvrant tant d’avenues de la vérité ,n’auroit rien fait pour lui , à qui le tems manque toujours , íìelle ne lui avoir inspiré le moyen de le ménager Sc de l’étcndrepar l’économie. Les recherches, en devenant plus nombreuses,plus profondes, plus délicates, exigeoient de longs calculs arith-métiques. Les sinus, par exemple, dont on fait un fi grand usagedans Gastronomie, les sinus qui font des fractions du rayon ,considéré comme l’unité , étoient exprimés en décimales. Cesdécimales font d’autant plus exactes qu’clles contiennent plus dechiffres. On employoit alors cinq décimales; il falloir donc fanscesse multiplier , ou diviser des nombres de cinq chiffres : mul-tiplier cinq chiffres f un par l'autre, c’cst faire vingt-cinq mul-tiplications. Lorfqu’un travail demandoit une infinité dc cesopérations,l’efprit étoit découragé, le tems s’écouloit, la vie feconfumoit en efforts Sc en dégoûts ; heureux encore d’achevcrfans qu’une faute commise eût forcé de recommencer. Tel calculou l’on emploie un mois aujourd’hui , demandoit peut - êtrealors trois années; c'est pourquoi nous avons tant loué Keplerd’avoir trouvé du tems , Sc de n’avoir pas été rebuté de sonemploi (a). Le Baron de Neper , Ecoífois , montra des routesplus faciles , Sc il a rendu Ion nom immortel , comme celuides bienfaiteurs du monde. Son moyen est simple, c'est surdond’une progression arithmétique avec une progression géomé-trique. Mais ccs moyens simples font le fruit des idées pro-fondes Sc lumineuses. Tout est progression dans le monde• physique : le tems, ce font des instans ajoutés à d’autres instans;
ía) Supra , p. {i.