DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 117
chimériques 6c hors de la nature , a produit une des plusgrandes découvertes qu’on ait jamais faites. L’ouvrage deKepler, qui est rempli de tant d’idées creuses, contient unefeule vérité par laquelle il est immortel.
§. XXV.
Voila bien du tems perdu , diront les hommes qui blâ-meront Kepler de s’être amusé à ces recherches vaines. Lamédiocrité, pour fe consoler de son abaissement, s’applauditdu mépris qu’elle a pour ces recherches , 6c croit être vengéede la hauteur du génie par fes chutes. Mais qu’il nous soitpermis d’expofer ici nos idées 6c la métaphysique des décou-vertes. Nous découvrons des vérités particulières , nous entirons des résultats, ce font-là nos œuvres. Inobservation nefauroit être trop circonspecte , ni trop timide , il faut qu’ellevoie plusieurs fois , il faut qu’elle fe multiplie pour assurer fesrécits. L’homme est passif en les recevant, mais les résultatsfont des actes de fa puissance intellectuelle. Quoiqu’il noussoit interdit de connoître la nature de l’efprit, cependant nousappercevons que son essence est le mouvement ; dès que sonaction cesse, la matière reste immobile, êc l’homme s’endortdans le fqmmeil de tous les jours 6c dans le sommeil de l’éter-nité. C’est ce mouvement qui produit les compositions dans lesarts, les découvertes dans les faits généraux de la nature; ce ncfont que des rapprochemens 6C des combinaisons : si la facultéde mouvoir les idées acquises est l'essence de l’efprit, si legénie n’est qu’une faculté plus permanente 6c plus étendue ,doit-on fe plaindre que toutes les combinaisons ne soient pasheureuses ? Nous avons cela de commun avec la nature ;toutes fes combinaisons ne font pas profitables ; un fol fertile,mais inculte, fait croître plus de plantes parasites que de végé-