DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 127n’ont pas le même attrait Sc la même récompense, Sc à quil’on n’a donné que la vie avec un nom respectable.
§. XXXI.
Si l’injusticc afflige un mérite supérieur, ou du moins íi cemérite languit fans récompense proportionnée , c’cst souventla faute des contemporains. On n’aime point le génie vivant,présent ; fa hauteur incommode Sc fatigue. L’ignorance or-gueilleuse lance le ridicule , l’envie éclairée travaille par desmanœuvres sourdes ; Sc une dalle plus nuisible encore , estcelle des gens médiocres , qui courant la même carrière, osentjuger ce qu’ils ne peuvent atteindre. Les dispensateurs desgrâces , plus conduits qu’on 11e pense par l’opinion , feroientguidés dans leur choix » si les contemporains étoient plusjustes. Ces réflexions n ai lien t du portrait que Riccioli a osétracer de Kcpler ; c'étoit, dit-il, un homme porté aux fictionshardies, un homme qui, impatient de connoître les causes »persuadé que la postérité 11e pourroit le convaincre de les alté-rations , n’a pas craint de faire violence aux observations deTycho , pour expliquer les mystères non du ciel, mais de songénie (a). Voilà comment fut traité par un astronome instruitle vrai fondateur de l’astronomie moderne, le premier auteurde notre íupériorité fur les anciens. Kepler fans doute a eubien des idées qui paroîtront ridicules , aujourd’hui que noussuivons une philosophie plus sage : nous les avons rapportéesavec fidélité , pour peindre le siécle Sc l’homme : mais leseireurs ont été grandes , elles ont toujours été au-destus deson siecle ; c’est ce qui caractérise un homme supérieur. Etcombien de vues faines Sc vraies font sorties de les médita-
(<0 Riccioli, Almag. Tora. I, p. r 7 7.