DE L’ASTRONOMTE MODERNE. 185
il s’échappcroit par la tangente a u cercle qu’il décrit. Lorfqu’onveut lancer une pierre par une fronde, on fait décrire à lafronde une portion de cercle, Sc la pierre lancée, en quittantla fronde, fuit une ligne droite , tangente à cette portion decercle. On peut sentir foi-même l’existence Sc l’eíFort de cetteforce. Si l’on attache un corps pesant à I’extrémité d’unc corde,Sc qu’on le meuve circulairement, la corde fe tend , le corpstire la main placée au centre du mouvement, Sc par la résis-tance qu’il faut lui opposer, on sent la force qui le sollicite às’éloigner du centre. Cette découverte de Defcartes aura degrandes utilités ; mais il vit cette force naître du mouvementcirculaire, fans avoir l’idée de le décomposer, Sc de chercherles forces qui conspirent à le produire. Nous appcrcevons iciles bornes de l'esprit humain. Defcartes, dans la pierre lancéepar la fronde, dans la pierre qui circule attachée à une corde,a bien reconnu la force centrifuge, qui tend à l’éloigner ducentre ; mais il n’a point vu la puissance qui la retient, quibalance Sc détruit cette force centrifuge. On peut dire mêmeque par ces corpuscules , mus de leur mouvement propreautour d’un centre, il a rappelé dans la physique les mouve-mens primitivement Sc naturellement circulaires , ces mouve-mens adoptés si long-tems par l’antiquité , que Kepler avoifcombattus Sc détruits (a). Faute d’avoir consulté les faitsconnus, d’avoir saisi les idées lumineuses déjà exposées, il afait un pas en arriéré.
§. VIII.
Cette infinité de corps, mus circulairement autour d’uncentre , a formé des tourbillons ; Defcartes en apperçoit un
A a
(a) Supra , p. 4 6 &t 70.
Tome //.