iSi HISTOIRE
proportionnent ;V la nécessité. Le Hollandois tranquille au bordde la mer , souvent plus élevée que lui, s’cn est rendu le maître;l’Icalicn , dans ses climats fortunés , dispute encore avec lesfleuves qui les fertiliíent. Les faits démontrent que Gastro-nomie , adoptée dans les beaux climats, n’y a point reçu dcprogrès. C’est que les astres n’y font ni cherchés , ni désirés ;ce font des objets de tous les jours , ou plutôt de toutes lesnuits. L’habitude amène l’indiffiérence 8c l’oubli ; la nature atout compensé, la facilité par la paresse , la difficulté parl’obstination 8c l’ardeur du génie. L’Indien conserve commeun trésor les tables astronomiques construites dans des climatsplus durs , mais il ne les rectifie point fur le ciel auquel il nesonge gueres. Le Persan va s’endormir fur ces terrasses où l'at-mofphcre toujours calme , porte une fraîcheur douce 8c salu-taire, où le ciel invite à veiller par la pureté de Ion azur, parla multitude de fes points étincelans. Une sphère éclatante necause cependant ni distraction , ni insomnie, tandis que l’Eu-ropéen , fur-tout l’Europécn du nord lutte contre l’inclémencedes saisons, multiplie les peines 8c les efforts pour une jouissancefugitive, épie le moment où les nuages s’cntrouvrent, saisit lavérité à la dérobée , 8c lit dans le livre de la nature par inter-valles , 8c. comme on lit à la clarté des éclairs.
§. III.
Entrons dans l’obfervatoire, la nuit est commencée, suivonsles opérations de l’obfervateur , imitons son silence. On nedoit entendre que le foiblc bruit dc la pendule , il ne fautd’autrc mouvement que celui des astres : on contemple lesdétails des choses , on veut saisir l’instant qui va s’échappcrpour ne jamais revenir; la pensée doit être immobile, 8c l’amcattachée à l’organe de la vue. La figure , la grandeur , le lieu,