55 o HISTOIRE
surface, porté à la distance de 1500 lieues de cette surface ,5c libre de s’ëtendre par son ressort , rempliroit toutes lesrégions des planètes jusqu’à la sphère de Saturne , 6c bienencore au-delà. On voit que la matière des comètes, libre dese raréfier dans un milieu fans résistance , peut-être peu consi-dérable , quoiqu’cllc occupe un grand espace ; elle en occu-pe roi t plus si elle ne s’évaporoit pas continuellement. Notreatmosphère éclairée de la lumière du soleil , éteint presquetous les astres 6c la lune même, tandis que l’atmosphère descomètes , également éclairée du soleil , laisse voir à traversson épaisseur la lumière des plus petites étoiles : cette matièreest donc infiniment plus rare & plus subtile que celle de notreair.
Newton tire de ces considérations une nouvelle preuve quel’éther, dans lequel nagent les comètes, n’est capable d’aucunerésistance sensible. Non seulement il n’árrêtc point les corpssolides , il n’altere point leurs mouvemens ; mais les vapeursdes comètes, élevées en colonnes au - dessus de leurs globes ,suivent le cours de ces globes , 6c font entraînées par eux.L’éther ne résiste donc pas plus aux vapeurs légeres qu’auxcorps solides ; 8c cependant le moindre choc des molécules del’éther disperscroit celles des queues des comètes ; ces queuesseroient auííì-tòt détruites que formées. Mais nous les voyonsdurer , 6c si elles cessent de paroître, il y a lieu de croire quec’est par leur ascension continuée , 5 c par une dilatationdevenue excessive. Newton , qui saisissoit tout ce qui lui don-noit quelque prise , réfléchissant sur la déflexion 6c la cour-bure qu’on avoir remarquée dans la queue des comètes, pensaqu’on en pouvoit tirer une induction du tems que la vapeuravoir employé à monter. Lorsque cette vapeur s’élevc en vertudu mouvement d’ascension que lui donne la chaleur, elle n’en