DE L’ASTRONO MIE MODERNE. 54,§. X X X V I I I.
DÈs que les comètes passant près du soleil éprouvent unechaleur énorme , capable de dessécher leur surface 5 c mêmeleur profondeur, on conçoit que ce dessèchement n'a r rive quepar une évaporation de tous les fluides ; ces globes doiventdonc fumer comme les corps humides exposés au feu ; lafumée qui s’en exhale doit se diriger k l'op p o fl te du feu quila produit. C’est une expérience que nous faisons tous les jourslur tous les corps ou brûlés ou chaussés. L’apparence de laqueue des comètes, toujours opposée au soleil, n’est doncqu’une fumée, 5 c le produit des vapeurs qui s’élevent conti-nuellement de la surface. C’est la caule que leur assigne Newton,6c sans doute la plus naturelle : ces queues ne le montrentque lorsque la comète a passé ion périhélie , ou lorsqu’elle enapproche; elles sont d’autant plus longues que les comètes ontpassé plus près (a ), témoin celle de 1680; Lc fans doute lescomètes qui passent fort loin , n en ont pas. Ce qu'o n appellela barbe , la chevelure des comètes , une forte d’atmosphèrequi les environne ôc les rend plus obscures , a la même cause.Ces queues s’étendent à une grande distance ; celle de lacomete de 1680, qui embrassa juíqu’à 70 degrés du ciel ,occupoit peut-être un espace de neuf à dix millions de lieuesen longueur fur une largeur égale au diamètre dè la comete.Ceux qui connoiflcnt la prodigieuse dilatabiiité des vapeurs ,ne seront pas étonnés de cette étendue. Notre air, nous savonsdit, se condense près de la surface r à raison du poids de l’airmême dont il est chargé. Newton a calculé qu’un globe d’un-pouce de diamètre , formé de notre air , tel qu’ii est à la.
(2) Princ. hu:Ii cdi:. franc, Tom. II, p. 147.