<4* HISTOIRE
pour défendre New ton 2c les vérités nées en Angleterre ; ildemandoit comment on pouvoit jamais former un sphéroïdeallongé, en faisant agir ensemble deux forces telles que lagravité 2c la force centrifuge , dont Tune tend à donner à laterre une forme sphérique , 2c l’autre une forme élevée fousl’équateur 2c aplatie vers les pôles. L’argument étoit pressant,la nature de ces deux forcess'oppofe en effet à un alongement;mais il falloit admettre l’attraclion. M. de Mairan ne l’admet-toit pas alors ; né dans le tems du plus grand empire de Def-cartes, il étoit encore son sujet. II vivoit à Paris , où l’on nevoyoit que des cartésiens ; il vécut affez cependant pour voirle régné de Newton, 2c il fut affez sage pour échanger les.idées toujours cheres de fa jeuneffe contre les vérités nou-velles.
Quoique les Anglois fussent attachés avec justice aux déter-minations dc Newton , la mesure des degrés en France leurdonnoit de l’inquiétude ; on voyoit une vérité démontrée parla raison géométrique, en opposition avec un fait d’oblcrvation.Ce schisme de la théorie 2c de l’expériencc étoit pénible; oncherchoit à imaginer de nouvelles expériences pour décider la.question. Defaguilliers propoíoit d’obfcrver la durée de deuxéclipses de lune : la premiere vers les tropiques, lorsque lalune parcourt à-peu-près l’équateur de sombre ; la secondevers les équinoxes , lorsque la lune la traverse du nord au sud,2c à-peu près dans le sens de l’axe. Mais la différence de duréen’étant que de i 9 secondes, il est impossible qu’elle se rende-sensible dans l’obfervation des éclipses de lune, 2c qu’elle serveà déterminer la figure de la terre. Defaguilliers tenta.une expé-rience pour détruire l’hypothèfe de M. de Mairan. II prit deuxanneaux de fer trempé 2c à ressort , assemblés à angles droitsces anneaux étoient presque circulaires , mais cependant un