SUR LES CORPS LUMINEUX, 6c. 689
eux-mêmes nc peuvent se balancer qu’autour d’un systèmecentral, qui régisse tout cn raison dc la malle, formée ou par unnombre plus grand de corps, ou plus vraisemblablement parun corps encore plus puissant. La subordination est dans tousles degrés ; la nature n’est qu’une hiérarchie composée d’êtrcsdépendans : une loi semblable fait que celui qui surpasse estlui-même surpassé. Voilà donc une échelle dc grandeurs crois-santes , où l’esprit retrouve la nature telle qu’cllc existe partoutfous ses yeux. Nous voyons les lunes , les petits satellites accom-pagner servilement les planètes principales Sc plus grosses : cesplanètes suivent le Soleil, qui les domine par sa masse ; il estlui-même enchaîné à un système d’étoiles, auquel préside uneétoile plus grande , plus volumineuse , qui à son tour le faitobéir, comme il sait obéir toutes les planètes ; & ces grossesétoiles, qui régissent les étoiles plus petites font cncorc assem-blées autour d’unc étoile, qui les surpasse en grandeur Sc enforce. L’imagination pourroit multiplier ces degrés, mais ilne nous est pas donné de les suivre ; ils pourroient n’existerréellement que dans notre imagination. Les systèmes d’étoilesingénieusement observés, la connoissance des loix nécessairesà l’équilibre , nous font soupçonner deux ordres dc grandeurau-delà du Soleil ; nous devons nous y arrêter. Les premiersastronomes n’ont pas jugé ce Soleil plus grand que la Lune;fi on leur eût dit que cet astre pouvoit contenir dans son volume£oixante-dix millions de Lunes semblables , st on leur eût ditíùr-tout qu’il étoit douze cent mille fois plus gros que la terrequ’ils nc pouvoient parcourir entiere, 6c qui leur paroissoit fansbornes, ils auroient eu plus de peine à se figurer cette grandeur,que nous n'en aurons aujourd’hui à imaginer une masse peut-êtreun million de fois plus "grande que la sienne, 6c une autre masseencore un million de fois plus volumineuse que celle-là.
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