6ç) S DISCOURS
l’univers. Un incendie qui détruit, finit avec la destruction ;tout cc qui a besoin d’aliment périt, si l’aliment ne se renou-velle pas : ces amas de feu peuvent donc se dissiper, Iorsqu’ilsn’auront plus rien à coníumer. Newton a pensé que les comètesétoient destinées à tomber un jour dans le Soleil, pour luiporter une nourriture nouvelle; ce secours peut être un moyende conservation , il en peut naître une prolongation de durée.Mais les secours s’épuisent; enles concevant, nous sentons qu’ilsdoivent finir ; on a beau reculer le terme des choses de lanature, on le volt toujours dans le lointain. Sans s’effrayer dela perte possible , mais infiniment éloignée du Soleil , on peutêtre curieux de savoir à quel terme il est de sa durée, & com-bien il peut vivre encore. Si nous voulons nous instruire decette destinée d u Soleil , nous avons besoin de consulter lesétoiles, elles font en grand nombre, on peut croire qu’ellesfont de dissérens âges. Il est fans doute une probabilité pourles astres comme pour les hommes. Un nombre d’observations,répétées fur une foule d’individus peut apprendre les acci-dens qui appartiennent à l’espece, & l’espérance d’exister queì’âge laille à chaque individu. Les observations ne font pas aíTeznombreuses pour fonder des réglés certaines, mais on peut com-mencer à employer les faits, & prévoir quelqu’un des résultatsqu’on pourra établir un jour.
Hypparque observa le premier sait de ce genre , il apperçutune nouvelle étoile; un feu nouveau s’alluma devant lui dans leciel; c'étoit un incendie qui commençoit. Nous concevons mieuxla destruction que la naissance des choses. On sent d’abordqu'u n Soleil peut s’éteindre , on a peine à se figurer commentil peut s’allumer ; on ne peut dire où étoient renfermés lesfeux qui brûlent une masse tout-à-coup embrasée : mais il nenous est pas permis de tout expliquer ; ce n’est pas à nous de