7 i3 DISCOURS
Nous nc connoistons dc principe de mouvement que l’im-pulsion qui transporte les malles fans les altérer, l'attractionqui compose dc figure les corps, les durcit dc leur donne lasolidité & ia permanence, enfin le feu qui agite, remue dctravaille les globes dans leur sein même. Les phénomènes destrois planètes que nous venons d’obferver nc peuvent appar-tenir ni à l’impulsion, ni à l’attraction; il semble que le feusoit le principe, le seul agent qui puisse modifier ainsi ces pla-nètes 2c les caractériser, les unes par son activité , Le les autrespar son absence. Les corps obscurs commencent donc à serapprocher des corps lumineux ; les uns font formés d’uneniaise solide dc dure , semblable à celle qui dans les autres estbaignée par l’élémcnt d u feu. Les uns ont un principe demouvement, qui paroît être celui dc la chaleur : il semble quece soit un reste du feu libre en action qui dévore les corpslumineux. Ici le principe est développé , il a la plénitude defa force; là il est gêné, captif, dc modéré dans ses effets.Dcfcartes , dans ses rêveries philosophiques , a pensé que lesSoleils pouvoient s’encrouter. Le mécanisme qu’il établit estdifficile à concevoir , 2c a été détruit avec les tourbillons.Leibnitz eut une idée plus heureuse ; il considéra les planètesopaques comme des Soleils éteints. Les changcmcns observésdans les étoiles le conduisirent fans doute à cette idée ingé-nieuse dc vraisemblable; il regarda leur disparition comme lafin de leur incendie. Mais leurs masses brûlées dc abandonnéespar le feu resteront-ellcs inutiles ? L’opaciré les rend capablesde réfléchir la lumière comme les planètes ; la solidité leurpermet de porter des habitans. Pourquoi ce qui est possible dcnaturel n’existeroit-il pas? II trouvoit dans Pcxtinction descorps lumineux la raison suffisante de l’cxistcnce des corps obs-curs : cette origine des planètes est une économie dans l'u ni vers.