SUR LES CORPS LUMINEUX, ôc. 716
Elle a toute l’évidence qui caractérise la vérité , elle lie desparties de la nature jusques-là séparées, enfin elle est conformeà cette nature même , qui n'est que succédions ôc transforma-tions. Cependant ces planètes présentent un phénomène quin’est point expliqué par cette hypothèse. Ces planètes, quoiquedifférentes par la maffe , éloignées par la distance, ont desconformités très remarquables ; elles se meuvent toutes , ainfique leurs satellites , dans le même sens, d’occidcnt en orient,par cette impulsion uniforme, qui se combine avec l’attractionpour produire leur mouvement. II semble donc qu’elles ontété toutes lancées à la fois êc d’un seul jet. Mais cette direc-tion semblable du mouvement n’est pas la feule conformitédes planètes, leurs orbes font très-peu inclinés à l’écliptique ;ils font tous renfermés dans une zone assez étroite d u ciel ,que les premiers astronomes ont remarquée , & qu’ils ontnommée zodiaque. L’étendue circulaire de cette zone, où lesplanètes font prisonnières, n’occupe que la dix-septieme partiedu ciel. Pourquoi donc le ciel a-t-il íeize parties entièrementvides de corps m ou vans , tandis que cette dix-septieme partieest favorisée de la présence des seize planètes, qui compoíentnotre système? Rien dans la nature ne s’est fait fans cause, êcsi nous faisions présider lc hasard à la disposition del’univcrs,s’il lui avoit été permis de lancer ces planètes dans des direc-tions arbitraires, Lc par des jets différens , le calcul des pro-babilités enseigne qu'il y a quatorze cent mille à parier contreun que les planètes ne se mouveroient pas dans le même sens,ôc ne seroient pas comprises dans la dix-septieme partie duciel (íz). Comme ce hasard seroit très - extraordinaire, Lc qued’ailieurs le hasard lui-même n’est que le résultat de causes
(u) M. Danid Bernoulli, Piece du prix, 1734, x- 99.