Band 
Tome premier.
Seite
76
JPEG-Download
 

76 A I M

§ II. De l'aimant employécomme remède.

Après avoir parlé de la ma-nière de l'aire l’aimant artifi-ciel , nous allons dire un mot dequelques effets singuliers attri-bués n l’aimant. L’encyclopé-diana de la nouvelle encyclo-pédie, au mot aimant, rapporteun trait historique qui prouvel’heu îeuse application qu’onpeut faire de l’aimant pour ti-rer de l’œil une paillettede fer.On a vu , dit-on, des personnesattaquées de mouvemens con-vulsifs ou de tremblemens ,guéries ou soulagées en portantune pierre d'aimant, ou un ai-mant artificiel , appliqué surleur peau. De nos jourson a misl’aimant en usage pour les mauxde dents. ( Voyez Dents. ) Il pa-raît que les vertus médicinales,qu’on a attribuées à 1 aimant,et qui lui ont été contestées danspresque tous les, temps, dépen-dent de la manière de l’em-ployer. Ou peut consulter là-dessus nomb.re d’ouvrages surl’aimant , considéré comme re-mède, et entre autres les Mé-moires de la Société Royale deMédecine , relativement auxaimans de M. l'abbé Lenuble.Voyez aussi le Journal de laBlancberie , année 1782 , p. 92 ,et année 1 y 85 , p. 270.

Quels que soient ces effets, ilstrouveraient peut-être leur ex-plication dans les principes gé-néraux les plus connus. Plu-sieurs physiciens ont cru apper-cevoir l’identité de la matièreélectrique , de la matière ma-

A I M

poétique et du fluide nerveux;si ces conjectures ne portent pasles caractères de 1 évidence ,elles paraissent néanmoins tenirà la marche de la nature, tou-jours simple dans ses principes,mais féconde et variée dans seseffets. Cependant il faut beau-coup rabattre des éloges donnésà l’aimant commeremède.Telleguérison , qu’011 avait publiéecomme miraculeuse, s’est trou-vée,à l’examen, 11’avoir Aé qu’i-maginaire. Ce qui para t-cer-tain , c’est qu’il n’a pas d’effetsur toutes sortes de personnes,ni sur la meme personne danstoutes les circonstances. Gar-dons-nous donc de nous en rap-

f iorter aux discours des char-atans sur les propriétés de l’ai-mant. Ce serait, par exemple ,une puérilité de croire qu’untopique d’aimant réduit enpoudre ( dans cet état l’aimant11’a plus de pôle , et par consé-quent n’est plus en état d’attirerle fer ) , eut quelque vertu par-ticulière pour guérir une plaiequi viendrait d’un coup de fer,ou pour attirer en dehors quel-que morceau de ce métal quiserait enfoncé dans les chairs.E11 général, rien n’esl plus dan-gereux que ces fausses idées enmatière de remèdes; car si l’onest assez crédule pour y mettresa confiance , 011 se dispensetrop légèrement des précau-tions qui seraient plus raison-nables et plus efficaces; et pluselles sont nécessaires , plus onrisque eu leur substituant ainsice qui 11e peut les remplacer.( Voyez le mot Magnétismeanimal. ) On trouve dans les