344 B L A
emploient pour le blanchir estbien propre à user et maltrai-ter le linge : les brosses rudes ,les battoirs dont elles se ser-vent pour le gros linge, les boissur lesquels ou le bat d’ordi-naire ( car souvent le fait-onencore sur des pierres qui sontraboteuses), perdent bientôt le
f ieu dépoli qu ils peuvent avoir :eur surface cassée ne peut quepercer et déchirer le linge, dontles fils sont déjà attendris parl’eau, et encore plus par les selslexiviels dans lesquels le lingea trempé pendant très-long-temps) car on sait que les blan-chisseuses ne peuvent parvenirà bien dégraisser leur linge quepar le moyen d’un alkali bienacre et bien caustique, qui, se'oignant à la partie grasse duinge sale, forme un savon quiblanchit plus ou moins ; ellesemploient pour cet effet, dansleur lessive, de la soude qui estla cendre d’une plante qu’onnomme kali : il faut lu ména-ger ; mais cette cendre est plusou moins mélangée avec de lacendre de varech, qui n’a pas ,à beaucoup près , les mêmespropriétés, et qui ne contientpas les mêmes principes.
La bonne soude d’Alicante a«ne saveur âcre, brûlante et ungoût lexiviel, au lieu que cellede varech a un goût salé et uneodeur de foie de soufre. Soit queles différens caractères salins deces i soudes en imposent quel-quefois aux blanchisseuses, ouqu’elles soient déterminées parl’économie, elles emploient sou-vent des soudes mélangées quiont moins d’elfet, nuisent au
B L A
blanchissage, et quelquefois ta-client le linge, et sur-tout lebnzin.
Il y a des blanchisseuses quicroient qu’une soude bien saléeet qui sent mauvais, est debonne qualité : elles sont dansl’erreur.
Il serait à désirer qu’il ré-gnât plus de bonne foi parmiceux qui font le commerce dessoudes, et qu’ils n’en vendissentpoint de falsifiées.
Au reste, la soude de varechcontient, outre un peu de sou-fre, du tartre vitriolé, qui luivient peut-être de quelqu’autreplante brûlée avec, et beaucoupde sel marin : ces cendres sontutiles aux verreries.
Mais avec des soins et desattentions, on pourrait rendreles cendres de varech meil-leures , ou multiplier en Franrole kali. (Mvm. de l'Acad., année1 7*7 )•
V oyez Pommes-de-terre gelées.
Le Journal Encyclopédique ,août 1767, donne l’indicationd’un ouvrage intitulé : Descrip-tion cTune machine inventée enAngleterre et perfectionnée, euAllemagne . , pour blanchir leli nge très -coin «1 odément.
La conservation du linge estcependant un objet importantd’économie ; aussi les Hollan-dais, si instruits dans tout cequi regarde ces objets, font usa-ge d’une méthode avec laquelleon conserve le linge , et on luifait prendre ie plus beau blanc :il serait facile, sur-tout à lacampagne, dans les endroits oùil y a beaucoup d’eau, de faireusage de cette méthode. Lesblanchisseuses
/