Band 
Tome premier.
Seite
359
JPEG-Download
 

J3 L Ë

on l’on voit germer le bled surterre avant de le pouvoir ren-trer. Ou a , dans les provincesd’Artois et du Canibresis, uneméthode qui prévient in-ronvéniens : elfea mêmel’avan-tage de mettre le bled en étatde profiter des influences de lapluie et du soleil, sans qu’il enrésulte aucun danger. On prenddes bâtons d’environ trois piedset demi de haut, garnis de quel-ques brandies : on en enfonceun en terre : ou prend ensuiteles javelles; on les met autourde ce bâton : les épis en haut,en élargissant par le bas , afinque les épis se touchent et seréunissent ; on met toujours enrond, à chaque mont, la valeurde dix gerbes. Pour recouvrirchacune de ces têtes,,on prendtrois javelles : on les lie ensem-ble fort près du pied. On faitrentrer en dedans les épis, cequi forme une espèce de chape-ron que l’on pose sur les épisdécouverts: le bled mûrit très-bien, et n’est point gâté par lespluies.

M. Ducarne de Blangy a faitannoncer , par la Gazette cTA-griculture,m\e méthode efficacepour préserver les grains de lapluie lors de la récolte. La mé-thode cousiste à mettre le grainen moye sur le champ mêmeaussi-tôt qu’on l’a scié. Cettemoye contient 5 o à 60 gerbes

? ydinaires, et se trouve alors àa hauteur d'environ six à septpieds. Pour cet effet, on choi-sit un endroit sec. On arrangeles premières javelles, de façonque le grain ne touche pas àterre. Le grain doilloujours être

BLE 3S9

au centre. Les deux premièresjavelles croisent l’une sur l’au-tre. Il ne faut d’adresse quepour poser la troisième javelle,dont 011 replie la tige pour lafaire passer sous le grain de la.première javelle. Une attentionqu’il fautsur-tout avoir , est done laisser aucun vide ni aucunespace par lequel l’eau pourraitse faire un passage, parce qu’elleentretiendrait dans la moye unehumidité nuisible. La moyeétant faite, vous formez avecun lien une gerbe assez grossopour couvrir exactemcntle des-sus de la moye, et vous l’y assu-jétissez au moyen de deux outrois liens de paille, pour em-pêcher le grand vent de l’en-lever.

§ V. Observations sur les bledsgermes.

On sait que les pluies et lesvents, lors de la moisson, fontcoucher les bleds , et que sicette intempérie dure , on voitplus ou moins de grains , danschaque épi , développer leurgerme. Si la totalité, ou seule-ment la majeure partie desgrains étaient germés, il seraitdifficile d’en faire du bon pain ,parce que le germe aurait épui-sé une partie des priucipes dublé ; mais heureusement que,presque toujours, il n’y a qu’aucertain nombre de grains degermés dans chaque épi, ce quin’empêclie pas qu'en général onne donne le nom de bled ger-mé , au blé dont il 11’yaqu’uneportion qui a subi la germina-tion.