364 BLE
En Turquie , les ouvriers quiscient les bleds se servent d’unefaucillequi n’a qu’une courburemédiocre, et de l’autre main ilstiennent un outil de bois, ayantaussi à-peu-prèsla forme d’unefaucille , mais dont le mancheest percé de trois trous, danslesquels ils mettent les doigts :ils embrassent, avec la partiecourbe de cet instrument, beau-coup plus de bled qu’ils ne lepourraient faire avec la mainseule : ils les contiennent avecle pouce , et les scient sanscrainte de se couper les doigts ,qui sont garantis par le mancheoù ils entrent. Ils travaillent decette manière en sûreté , etavancent leurs ouvrages quatrefois plus vite qu’on ne fait dansce pays-ci.
C’est un usage adopté enFlandre, en Suisse, en Cham-pagne , de faucher les bledscomme on fauche un pré. Cettepratique est moins fatiguante etplus expéditive que celle denos moissonneurs.
Le journal intitulé la DécadePhilosophique , tom. VI, p. 263,fait mention d’une manière en-core plus facile et plus écono-mique de récolter les grains,pratiquée par les Romains etindiquée par M. François ( deNeufchâteau). Le moissonneur,armé d’une faucille, saisit de lamain gauche une poignée d’é-pis , non par le pied commedans laméthode ordinaire, maisvers le haut des tiges,au-dessousdes épis, et coupe de la maindroite, il lui reste dans la maingauche une poignée d’épis avecun demi-pied de paille au plus,
BLE
qu’il met dans un grand tablierautour de lui ; ce tablier pleinest vidée dans un grand sac detoile. Par ce procédé , six mois-sonneurs font l’ouvrage de neufet fatiguent infiniment moins.Ce n’est pas tout, on fauche lapaille sans risquer d’égrener etde perdre du bled, et cette ré-colte de la paille est encore plusexpéditive.
On a exposé au Lycée desarts , en décembre 1793 , unebrouette à bras, armée dans sapartie antérieure de deux cor-nes en bois , au fond desquellesse trouvait une faucille tour-nante. Il suffisait de promenercette brouette dans le champ,
f iour moissonner sans peine toute bled qui se présentait devantelle. Elle rassemblait par l’effetmême de son mouvement, lespailles qu’elle coupait ; et detemps eu temps , à la volontédu conducteur, elle les laissaittomber en tas. Une femme, unenfant de i 5 ans , pouvait très-facilement , par ce moyen ,moissonner 5 arpens par jour,sans être assujéti à la positionfatiguante et nuisible des mois-sonneursordinaires. L’inventeurde cette machine se nommaitCardinet.
On a proposé dans le Journalde la Blancherie , 178b, p. 176,cette question : « Quelles sont» les différentes manières de» battre le bled ? en quoi» sont - elles propres à chaque» pays? quelle serait la préfé-» rable ?» M. Pingeron a en-trepris de répondre à cette ques-tion, et voici ce qu'il a fait in-sérer dans ce même journal,