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§ I er . Bleu d'outre-mer.
L’outre-mer est la plus belledes couleurs. La cherté du lapisempêche de faire l’outre-meravec profit dans nos pays, parceque cette couleur, lorsqu’elleest belle, revient à un prix plushaut que l'or même. Il y a des>eintres qui, pour employer leapis, se contentent de le broyeret s’en servent sans autre pré-paration : nous croj'ons devoir,pour l’instruction des artistes,leur faire part du procédé deX. 1111k ei ; voici comme il s’ex-prime :
« Nous prîmes du lapis; nousle réduisîmes en morceaux, dela grosseur d’un pois ; nous lefîmes rougir au feu , et nousl’éteignîmes dans du fort vinai-gre (celui qui est distillé n’en estque meilleur). Nous le broyâ-mes avec le vinaigre , et le ré-duisîmes en une poudre impal-pable : c’est le tour de main leplus important de l’opération.Nous primes alors , en poidségal à celui de la poudre, dela cire vierge bien pure et de lacolophane, moitié par moitié ;nous les fîmes fondre dans unplat de terre vernissé, et nousy jeltâmes, petit à petit , laoudre de lapis , en remuantien ; nous versâmes cette massedans de l’eau-froide , où nous lalaissâmes pendant huit jours;nous primes ensuite deux vasesde verre, que nous remplîmesd’eau si chaude , que la mainpouvait à peine la souffrir; l’unde nous prit alors un rouleaude celle matière, et se mit à le
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pétrir dan*l’eau chaude; apresque nous eûmes cru en avoirtiré le plus beau ,nous passâmesle rouleau dans un autre vais-seau; mais ce qui vint la secondefois n’était pus comparable à cequi était venu d abord ; le bleuen était plus pâle et de moindrevaleur ; nous laissâmes reposercette eau quatre jours ; pendantce temps, la poudre se préci-pita' tout-à-fait, et nous la ra-massâmes avec soin ; il n’y eneutquetrès-peu de la meilleureespèce : une même masse enfournit de trois ou quatre sortesdifférentes , suivant la quantitéqu’on en fait, et selon qu’on lapétrit dans des eaux différentes.Il faut sur-tout avoir les mainsbien nettes, car cette couleurprend aisément toutes sortes desaletés. Ceux qui 11e veulent passe donner la peine de faire l’ou-tre-mer, doivent le choisir hauten couleur, bien broyé; ce quise connaît, lorsqu’on en met tinpeu entre ses dents : si l’on sentquelque chose de graveleux,c’est une preuve qu’ü 11e l’estpas suffisamment.
» Il est fort aisé de connaîtreaussi s’il est pur ou altéré ; ilsuffit d’en mettre un peu dansun creuset, et de le faire rougir.Si la poudre conserve sa cou-leur, c’est une preuve qu’elleest pure; mais si ou y apperçoitdes tache3 noires, ou quelqu’au-tre altération , c’est une preuvesqu’elle est mélangée ».
« Le bleuâtre qu’on appelleen peinture, le tendre, le déli-cat, dit Layresse, ne doit pasêtre mis sur la toile quand ouempâte le tableau , mais noy-