B 0 U
BOUTURE. Pour former ungrand bois , le moyen le moinscoûteux et le plus avantageuxest de semer; mais c’est aussi leplus lent, Pour jouir prompte-ment, le plus expéditif est demultiplier les arbres par mar-cottes ou par boutures. En se-mant des pépins de raisins, ilfaudrait bien des années pouravoir une treille chargée defruits Les saules , les peupliers,les tilleuls forment , par lemoyen des boutures, en 7 ou 8ans, des arbres plus gros qu’on11e les aurait au bout de 2,0ans,si on les avait élevés de graine.
Les boutures et les marcottessont presque l’unique ressourcepourmultiplier les arbres étran-gers qui ne portent point desemences dans ce pays.
D’ailleurs, par les semences,on n’est pas assuré d’avoir pré-cisément l’espèce d’arbre qu’ondesire. Souvent d’une grossenoix il sort un noyer quin’en porte que de petites. Ungros marron produit un arbrequi ne donne que de petiteschâtaignes , etc. Nous allonsdonnerici l’extraitdu mémoirede'M. Duhamel, sur les bou-tures.
- Le vrai temps pour couperles boutures, est vers le com-mencement du mois de mars.Miller, dans son dictionnaire,dit qu’il faut attendre l’automnepour les boutures d-’arbres verds.M Duhamel pense qu’il peutavoir raison , quoiqu’il ait faitavec succès beaucoup de cesboutures au printemps ; dumoins, à l’égard des arbres quiquittent leurs feuilles, il ne
B O Ü 429
fautpasles couper plutôt, parcequ’ordinairement les arbres nevégètent pas en janvier et fé-vrier; et assurément, tant queles boutures ne font pas de pro-ductions , elles se dessèchentmoins étant attachées à leurssouches, que quand elles en sontséparées , et elles sont plus enétat de supporter les rigueursdel’hiver. M. Duhamel necroitpas qu’il convienne de les cou*per beaucoup plus tard, parcéque, si-tôt que la saison est unpeu douce , les arbres poussenten racines avant que d’ouvrirleurs boutons, et if est avanta-geux de profiter de ce premiermouvement de la sève , qui esttrè -favorablepour la formationdu bourrelet. D’ailleurs, si l’onattendait, pour couper les bou-tures , qu’elles eussent poussé-,les feuilles et les pousses nou-vellesqui transpireraient beau-coup 11e manqueraient pas dedessécher les boutures qui ,n’ayant encore produit ni bour-relet , ni racines, ne seraientpoint en état de tirer de la terrede quoi réparer cette transpira-tion.
A l’égard du choix des bou-tures, comme une branche lan-guissante aura plus de peine àreprendre qu’une vigoureuse ,il faut choisir des branches dontle bois soit bien formé, et dontles boutons paraissent bien con-ditionnés.
Si l’on a le temps et la com-modité de faire former un bour-relet, la réussite des bouturesen sera plus certaine ; en ce cas,si la branche est menue , il nefaudra pas en tailler l’écorcej