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deux tiers , et où l’on mêla ,pour la colorer, un tiers de ci-dre. On prit quatre pintes d’eaude mer ainsi colorée, qu’onmêla avec deux de cidre, dansl'un des vases fillrans. Aprèsavoir scellé les vases et l’ap-partement , on se retira. Le len-demain, les scellés levés, ontrouva dans le récipient du va-se , la quantité d’environ deuxpintes (l’eau de mer parfaite-ment colorée du cidre, et fil-trée de manière qu’il ne luirestait aucun goût de sel ni desautres principes contenus dansl’eau marine ordinaire. On re-mit encore une certaine quan-tité d'eau de mer colorée dansle vase, avec les mêmes pré-cautions ; et après ta filtration ,Jes résultats furent les mêmes.Si cette utile découverte sou-tenait les épreuves eu grand,elle serait infinimentsupérieureà tontes les machines et à toutesles distillations qu’on a pu fairejusqu’ici.
Au milieu des dangers desmers glaciales, la nature y pré-sente des ressources. SamuelRehyer, ( Voyez t. VI de laColl. Acad. , part. étr. , p. 47 i )dit que l’eau de mer perd sonsel en se glaçant : on prétend queles brasseurs d’Amsterdam em-ploient l’eau de la mer lors-qu’elle a été gelée et dégelée,à la place d’eau douce, pourfaire leur bière. Il résulte desexpériences de M. Rehyer, queles morceaux de glace d’eau demer sont parfaitement doux ;que l’eau voisine et sur laquellela glace est portée , n’est pointsalée ; enûu, que l’eau tirée de
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dessous la glace, au moyen d’unsiphon, et à un pied et demide profondeur, était médiocre-ment salée j que quatre livresdo cette eau, après son évapo-ration par le moyen du feu don-nèrent une once et un scrupuleet demi de sel.
Il ne faudrait pourtant pastrop romptersurles expériencesde Rehyer, attendu que l’otiprétend que ces glaces qu’ontrouve dans la mer , qui, fon^dues, ne contiennent point desel, descendent des fleuves etsont ensuite portées en liantemer.
En i”6B, M. Rigaud , physi-cien et chimiste de la marine duroi, profitant des observationsde Wallérius et de Rehyer surle dessalement que la congella-lion peut procurer à l’eau de lamer, fit l’examen et l'analysedes glaces formées sur la surfacede la mer, afin de connaître sil’on pourrait en boire sans dan-,ger dans un cas de nécessité.Après avoir , pendant quelquesheures , laissé égouter l’eau sa-lée desglaçojis, il les fit fondreet filtrer , reconnut par l’é-preuve de l’aréomètre que l’eauavait à-peu-près la pesanteurspécifique des bonnes eaux desource , sans odeur ni saveur ;qu’elle dissolvait le savon etcuisait les légumes farineux. Illa soumità l’analyse : huit livresde cette eau évaporée rendirenttrente-deux grains de résidusec, savoir ; quatorze grains deterre calcaire non dissoute, deuxrainsde sélénite , douze grainse sel marin à base alkaline ,deux grains de sel yjarin à base