POU
major du régiment de Salis, acomposé une poudre alimen-taire, dont six onces par jourdans un demi-septier d’eau en-viron , suffisent pour nourrirun homme à trois onces parrepas.
On en a fait l’expérience surplusieurs soldats , la plupartjeunes, vigoureux, et de bonappétit, qu’on a nourris pen-dant quinze jours de cette pou-dre alimentaire. Ces soldats ontfait pendant ce régime plusieursexercices, ne se sont nullementsentis d’aucune incommoditéd’un aliment si nouveau , nedesiraient point autre chose,et quelquefois même ne pre-naient point leur portion en-tière.
M. Morand , docteur en mé-decine, par le simple examenqu'il a fait au coup-d'œil decette poudre, a pensé qu’ellen’était composée que de bledde Turquie , rôti , broyé en-suite , et mêlé avec du sel ma-rin , dont il découvrait les crys-taux à la loupe, et une graineearminative qu’on croit être ducumin.
Cette poudre alimentairepourrait être d’une grande res-sourceàl’arméedans lesmarchesforcées, dans des voyages delong cours sur mer , dans dessièges, et même dansdes hôpi-taux.
On lit dans le Journal deVerdun , septembre 1756, page217, que M. Smuker, chirur-gien de Berlin , composa aussiune poudre qui servait d’ali-mens
A l’occasion du projet que
POU 3G1
M. Bombe présenta à la cour ,M. Recolin démontra qu’avecla soupe de Dauphiné, appeléeen Turquie toulbe , 011 peutnourrir les soldats encore àmeilleur marché, et très-bien:il observa même qu’en 174? »quand il y eut une espèce defamine au midi de la Finance,et que le port de Bordeaux^était bloqué par les Anglais ,de manière qu’on ne pouvaittirer aucune subsistance parmer, les commissaires du roipour la Guyenne firent impri-mer grand nombre d’exem-plaires de deux recettes; l’unesur la soupe de Dauphiné , etl’autre sur la manière de pré-
E arer le riz, qu’ils firent distri-uer dans toute la province ;espèce de nourriture avec la-quelle trois ou quatre centsmille hommes furent en étatde se soutenir et de vivre pen-dant six semaines. On a mêmeremarqué que pendant cetteannée il mourut dans cette pro-vince moins de monde à pro-portion, que dans aucune de*dix années précédentes.
Pour faire celte soupe deDauphiné , on prend , parexemple , une livre de farinede froment ; on la pétrit avecun peu d’eau salée; lorsque lapâte est faite et pétrie de ma-nière à être un peu molle, onla partage en morceaux, de lagrosseur d’un œuf chacun : en-suite 011 étend ces morceauxavec un rouleau, de sorte quela pâte de chacun soit extrême-ment mince, et ou met le toutsur une table. Pendant ce tempson tient sur le feu un pot de