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Tome troisieme.
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D’A RTILLERIE. IV. Par t. U 9

très-bon effet lorsqu’on ne les éloigne que de cent toises del’ouvrage quelles battent en brèche ; fi l’on en augmentoitle nombre’ jusqu’à cent, on avanceroit de beaucoup la pri-se d’une Place sans qu’il en coûtât davantage pour la con-sommation des boulets & de la poudre.

Je suppose que l'on batte en brèche une face de bastionou une courtine avec i o à i 2 pieces de 24, dont on tire dechacune par jour 90 à 100 coups il faudra quelquefoisplus de 12 a 15 jours avant que cette brèche soit pratica-ble j au lieu que, si l’on augmentoit cette batterie de moi-tié , c’est-à-dire qu’il y eut 24 pieces, la face de cet ou-vrage feroit abbatue en cinq ou six jours par l’étonnement,s’il se peut dire, où le coup violent 8c réitéré de plusieursboulets, qui frappant fans discontinuer la masse du murde cet ouvrage, l’ébranleroit de maniéré qu’elle ne pour-roit soutenir que très-peu de temps un si rude effort. Laconsommation des boulets 8c de la poudre feroit beaucoupmoindre, puisqu’une batterie de 12 pieces de 24 tiréesseulement à 80 coups par jour de chaque piece, consom-meroit pendant quinze jours 172800 liv. de poudre, 8ccelle de 24 pieces tirées í’espace de cinq jours n’en con-sommeroit que 115 200 liv. 8c il faut encore remarquer,que dans une grosse batterie on n’y tire pas tant de coupsde chaque piece, à cause du feu qui se continue toujourségalement par le grand nombre de canons , ce qui empê-che que la piece ne soit sitôt défectueuse, comme on l’aremarqué dans les Sieges précédens, qu’il s’en est trouvé3o ou 40 de cette qualité.

Si l’on vouloit achever d’aggrandir plutôt la brèche,on pourroit avoir des Batteries où il y aurait des Obus oumortiers longs chargés de bombes que l’on pointeroit com-me le canon pour pénétrer dans cette brèche aux endroitsoù la chemise de cet ouvrage feroit abbatue, ce qui enbouleverferoit toutes les terres, 8c donneroit moyen aucanon d’applanir 8c de raser plus aisément cette brèche ;les bombés qui font élevées par leurs mortiers ne îe pou-vant faire avec la même facilité que celles qui font pouf-Tome III, Y