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et des idées de leurs parens (1). Dès l’âge le plus tendre ils étaient exposés a rhumidité et au froid, afinde leur faire un tempérament à toute épreuve, et plus propre au métier de la guerre 5 ils n’étaient couvertsque très-légèrement. De bonne heure on les exerçait a traverser a la nage les fleuves les plus larges et les plusrapides. Étaient-ils en état de porter les armes, tous les exercices qui y avaient rapport devenaient leursseules occupations; ils commençaient alors a pouvoir paraître en public devant leurs parens, qui dès ce momentperdaient toute autorité sur eux, et les voyaient passer de l’obéissance la plus servile,à l’indépendance la plusabsolue. Pour les exercices de l’esprit, il n’en était pas question, les Gaulois en faisaient trop peu de cas.
religion. Quant a la première religion des Gaulois, il ne serait pas facile de s’en faire une idée juste,si l’on voulait entrer dans tous les détails de ses dogmes et de son culte ; tant d’auteurs ont traité ce pointhistorique, en substituant la plupart du temps leurs systèmes à la réalité des choses, que, pour marcher aujour-d’hui dans ce labyrinthe, il faut écarter à droite et à gauche les rêveries des uns, les absurdités des autres, leslongs raisonnemens de tous. Les Romains sont les premiers qu’on doit accuser d’avoir semé le brandon dediscorde, et jeté de l’obscurité sur ce point, en attribuant presque toujours les noms de leurs dieux auxdivinités des Gaulois; en substituant souvent leurs propres idées religieuses à celles de ce peuple. Mais de cefait même on peut cependant tirer une conséquence générale à laquelle on semble n’avoir pas donné assezd’attention : c’est que la religion des Gaules devait beaucoup se rapprocher de celle de l’Italie , qu’on devaitavoir à. peu près les mêmes sentimens sur les diverses divinités, puisque chacune offrait des attributs, etréveillait une concordance d’idées tels, que les Romains crurent ne pouvoir en donner une connaissance plusnette qu’en les qualifiant du nom que leur offrait dans leur mythologie la divinité correspondante.
Mais tout ceci ne peut guère s’appliquer qu’k une époque assez rapprochée de la conquête des Romains, oudu moins des migrations des Gaulois en Italie et dans la Grèce . Pour l’enfance de la religion, on en saittrès-peu de Chose; il paraît seulement certain que les Gaulois adoraient une nature supérieure et créatrice del’univers,pour laquelle ils avaient un extrême respect. Ils avaient même, si on en croit la plupart des auteurs,une idée, sans doute confuse, de l’immortalité de l’âme. Ces deux principes formaient toute la base de leurcroyance.
Comme toute religion exige un culte, elle exige aussi des ministres chargés de veiller a son exécution; demême que les Rretons et les Germains leurs frères, les Gaulois eurent pour prêtres ces vieillards si célèbreschez les anciens; ces druides qui, indépendamment de leur qualité de pontifes, furent encore chez euxce qu’étaient les philosophes chez les Grecs, les mages chez les Perses, les sages de la nation, les dépositairesde toutes les connaissances.
Tout ce qu on sait de la doctiine des diuides (2), c est qu ils cultivaient, une philosophie élevée, fondée surles bases que nous venons d’indiquer. Ils joignaient aussi k celles des'grandes vérités morales des connaissancesdans l’astronomie et dans l’histoire naturelle; mais ces connaissances étaient le partage exclusif de leur ordre,comme nous aurons lieu de le développer plus bas.
Les anciens (3) ont reconnu plusieurs classes parmi eux, sans qu’on puisse toutefois prendre toutesleurs distinctions k la rigueur; chacun avait un emploi particulier: les druides, proprement dits, décidaient desaffaires publiques, dictaient des lois, et étaient chargés du dépôt des sciences; les vacies étaient les prêtressacrificateurs; les bardes, sur lesquels nous reviendrons plus particulièrement, étaient chargés de chanter leshauts faits de la nation.
Tout ce qu on vient de dire peut nous donner une idee des Gaulois; mais ses pratiques religieuses neserviront pas moins a nous faire connaître l’esprit et le caractère de ce peuple que le fond de sa religion. LesGaulois avaient sur la manière d’honorer leurs dieux une façon de penser commune k plusieurs autres peuplesde l’antiquité. Dans les premiers temps ils ne pouvaient souffrir qu’on représentât la divinité sous une formecorporelle, ne jugeant pas convenable, suivant les mêmes principes que les Germains ( 4 ), de renfermer dansun petit espace le culte d’une divinité qui remplissait le monde entier; aussi ne consacraient-ils k leurs dieuxque de vastes forêts, ou les druides faisaient leur habitation, où ils exerçaient leur ministère sur des espècesd’autels composés de quelques pierres entassées sans art, où se pratiquaient enfin les cérémonies presquetoujours simples et bizarres, niais quelquefois cruelles de la religion.
Ces cérémonies font bien connaître la simplicité superstitieuse des Gaulois. Le chêne, dont les branches etles feuilles servaient aux sacrifices, était pour eux un objet de vénération auquel ils rendaient les honneurs
(') V°y- Aristot., in Polit., 1 . 7, cap. 17. — Cæs., de Bello ggll., 1 . 6. d’un peuple simple, qui s’habitua à les regarder comme en communication— Ammian. Marcel., 1. 2,6, etc., etc. habituelle avec le ciel, et à en faire les souverains arbitres de ses destinées,
(2) Les druides jouissaient dans la nation du plus grand crédit et d’une ses juges, et même ses souverains maîtres,autorité excessive ; leur profonde sagesse, le mystère qu’ils firent constam- ( 3 ) Cæs., de Bello gall.j b 6, cap. i 3 et 1/4. — Cicer., de Divinat., 1 .1, etc.ment au peuple de leur doctrine, la vie austère qu’ils menaient au milieu (4) Pelloutier.des forêts, tout cela contribua puissamment à leur attirer la vénération