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La chasse au vol ne fut jamais tant en vogue que sous le règne de Philippe-le-Hardi . Avant lui, on avaitvu les princes remplir les fonctions de grands-fauconniers, portant Poiseau sur le poing dans les cérémonies,ainsi qu’une miniature, que l’on conserve 'a la bibliothèque du Roi, représente saint Louis à l’âge de treizeans (1). Mais Philippe -le-Hardi fut le premier qui institua la charge d e grand fauconnier de F rance * et quicréa des fauconniers subalternes, auxquels il donna des appointemens. Un manuscrit de ce temps-lk, qui estégalement k la bibliothèque royale, et intitulé: Art de la fauconnerie , nous apprend que ce roi envoya plu-sieurs de ses officiers en Danemark pour s’instruire dans l’art de nourrir et d’élever des oiseaux pour lachasse, parce qu’en effet c’est le pays où on élève le mieux les oiseaux, et où ils sont les meilleurs (2).
De l’usage de porter les cheveux et la barbe. La chevelure longue, chez les Francs et sous les rois Méro-vingiens, était un signe de liberté et de noblesse. Clodion fut surnommé le Chevelu k cause de sa longuechevelure. Carraric, roi desMorins, et son fils, furent rasés, par ordre de Clovis , en signe de déshonneur. C’estla première fois qu’il est question de cheveux coupés dans notre histoire.
On a vu les Français , pendant le cours de dix siècles environ, porter la barbe, et les prêtres se faire raserle menton, suivant la situation où se trouvait la cour de Rome avec l’église grecque; et les particuliers, selonqu’ils étaient influencés par la mode ou par les prêtres, qui exigeaient que tout le monde fût rasé quand ilsl’étaient. Les prêtres grecs ont toujours porté la barbe. L'abandon généreux que les Français firent de leurbarbe en 11 4 i, k l’imitation de Louis-le-Jeune, qui se laissa humblement raser en public par Pierre Lombard ,évêque de Paris , prouve assez le peu d’importance qu’ils y attachaient.
En commençant par la planche VI, et en les suivant toutes, on verra, par les statues de nos rois et cellesdes autres personnages qui y sont représentés, les différentes époques où il était d’usage de porter ses cheveuxet sa barbe au lieu de les couper.
La barbe fut reprise avec fureur sous le règne de François I er ., qui laissa croître la sienne pour cacher lacicatrice d’une brûlure qu’il s’était faite au visage en jouant k Fontainebleau avec des seigneurs de sa cour.Cette fureur de porter la barbe dans le seizième siècle éleva parmi le clergé, qui ne la portait pas, les contes-tations les plus vives. Sous Henri II elles devinrent sérieuses, au point que ce roi fut obligé d’interposer sonautorité entre les prêtres et les laïques qui ne voulaient pas porter la barbe, et ceux de l’un et de l’autreordre qui s’entêtaient k la conserver. Enfin, dans le commencement du dix-septième siècle, après la mort deHenri IV, on a généralement vu les Français se raser complètement le visage.
Il y a encore des usages que nous pourrions décrire, tels que la sorcellerie et la magie * qui avaient prisnaissance sous les rois de la première race; V astrologie judiciaire * employée avec l’autorisation de Philippe-le-Hardi par une femme nommée La Brosse, pour découvrir la vérité touchant la reine Marie, faussementaccusée d’avoir empoisonné le jeune prince Louis, qui, en effet, l’avait été. Cette science occulte fut égalementmise en œuvre k l’occasion du procès d’Enguerrand de Marigni, ministre de Philippe -le-Bel et de Louis Hutin (5);Elle fut aussi en grande vogue souslouisXI,et plus encore sous le règne de Catherine de Médicis , qui elle-mêmeen faisait usage. Enfin, les présens nommés étrennes , que l’on faisait aux Rois le premier jour de l’année; aussiles p résens d'amour* dont l’histoire des troubadours fait mention; ainsi que l’usage du rouge et du fard *dont les femmes se servaient pour donner plus d’éclat k leur visage, etc., sont de nature k caractériser lesmœurs dés Français du moyen âge.
Musique* Meubles* Jeux et Instrumens de musique. En 1026, Oui, bénédictin d’Arezzo, inventa lamusique k plusieurs parties. Il découvrit qu’en gardant certaines proportions, on pouvait faire chanter en-semble plusieurs voix différentes qui charmassent par leur harmonie l’esprit et l’oreille. Il trouva aussi leslignes, la gamme, et ajouta plusieurs notes, dont il tira les sons de l’hymne de Saint-Jean, qu’il mit en mu-sique. Gui forma, par le moyen de sa découverte, une nouvelle méthode de plain-chant beaucoup plusfacile que l’ancienne.
La simplicité dans l’ameublement était du goût de Charles N ; les sièges ordinaires de ses appartemens et deceux de la reine étaient des escabelles, des bancs et des trétaux. La reine seulement avait chez elle des chaisesde bois pliantes, garnies de franges de soie, attachées avec des clous dorés. Les cheminées étaient fort largeset fort élevées, et propres k contenir plusieurs personnes debout dans leur intérieur ; malgré cette commodité,
(1) Voir planche XXX.
( 2 ) Même planche, voyez Philippe-le-Hardi , qui, accompagné de sonfrère, est représenté à la chasse du faucon.
(3) Mézerai, tom. II, pag- 58, à l’occasion du procès d’Enguerrand deMarigny , produit un exemple très-remarquable de l’emploi de la magie. Onaccusa Aleps de Mons, femme du ministre dilapidateur , et la dame Chante-leu , sa sœur, d’avoir fait les images en cire du roi, du comte de Valois, Jplusieurs barons et d’autres grands personnages qui étaient ses accusateurs
II e Atlas . — Monumens.
de
et
dont le pouvoir magique devait envoûter le roi* le comte de Valois, etc.
On croyait que les coups portés à ces figures de cire, préparées d’une cer-taine manière, se reproduisaient sur les personnes dont elles avaient la res-semblance. Ainsi les dames Aleps de Mons et de Chantcleu, en torturant ou enpoignardant ces images, croyaient qu elles faisaient éprouver au roi, au comtede Valois, et aux autres individus quelles mettaient en rapport avec elles,les mêmes douleurs et les mêmes tourmens.