Buch 
Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
Entstehung
Seite
38
JPEG-Download
 

38

PRÉCIS DE L’HISTOIRE DES ARTS

on se servait souvent de poêles, que l’on appelait chauffe-doux. Les poutres et les solives des appartenionsétaient ordinairement peintes en blanc ou en violet, et chargées de fleurs de lys d’étain doré. Quelquefoisaussi ces deux couleurs y étaient employées séparément avec beaucoup d’art. Il y avait deux espèces de lits;l’une de six pieds de long, désignée par le nom de couchette; l’autre, le lit proprement dit, avait douze piedsde long sur onze de large (1).

Les divertissemens publics, selon Du Tillet, étaient les joutes, les tournois, la danse et la musique. Le bil-lard, les dez, les dames, les échecs, la paume, les quilles, le palet, l’arc, l’arbalète, etc., composaient lesjeux de société. (Voyez planche XXXIX la distribution d’un ancien tournois.)

Le nombre des instrumens de musique en usage alors est assez considérable, savoir : la vielle, la robébe, laguiterne, le leu, la marche, le micanon, la cistéle, le psaltérion, la harpe, le tambour, les naquaires, la trompe,les orgues, les cornemuses de différentes espèces, les flageolets, les chevrettes, les doucines, les cymbales, lesclochettes,le timbre, la flûte d’Allemagne, le cornet d’Allemagne , la fistule, la pipe, la buisne, et le mono-corde.

Beaux-Arts. La France, démembrée sous Hugues Capet , languissait dans la pauvreté et la barbarie. LaGrèce et l’Italie, selon Vély, avaient de belles manufactures; les Français ne pouvaient les imiter dans lesvilles, sans privilèges, et dans un état sans union. On connaissait à peine le commerce de proche k proche.

Littérature. L’ignorance était si profonde, qu’on savait k peine lire, encore moins écrire. Les manuscritsétaient devenus fort rares, les guerres les avaient presque tous brûlés, déchirés ou dispersés : et comme il n’yavait que les moines en état d’en produire des doubles exemplaires, et que les monastères étaient déserts, leslittérateurs étaient réduits k un très-petit nombre.On n’avait d’autres titres de possession que l’usage; d’autresactes de mariage que la tradition. Quelques hommes néanmoins se distinguèrent dans les lettres. Hervé, deReims, florissait au commencement du siècle; Rathier, de Liège, au milieu, et Arnoul, d’Orléans , vers la fin.Ces hommes se rendirent célèbres dans la connaissance de l’Écriture-Sainte, dans les canons et usages de l’église.

Aymoin, moine de Fleury, Frodoard , abbé de Saint-Remi de Reims, et Dudon, de Saint-Quentin, écrivaientl’histoire, et Gerbert, qui avait été élevé au monastère d’Orillac, passait pour un prodige de science. Étanten Espagne , il perfectionna ses études sous l’évêque de Haltau, et il apprit les mathématiques des docteursarabes, dont la profession était de les enseigner. Gerbert fut le premier qui apporta cette science en France •il en fit l’application aux arts du dessin, principalement de l’architecture, et l’enseigna publiquement. Étantécolâtre de la ville de Reims, il fit l’éducation du prince Robert, fils de Hugues Capet . Les autres élèves de Hal-tau sont : Leoteric, archevêque de Sens, Fulbert, eveque de Chartres , qui commença la construction de lacathédrale en 1020, et Othon III.

Le roi Robert profita des leçons de son maître, il aima les lettres, qu’il pratiqua lui-même avec succès; il seplaisait surtout a composer et k chanter des hymnes. Constance, sa femme, le pria d’en faire une pour elle; le roipour lui complaire, composa l’hymne : O Constantia martyrum „ qu’il lui chanta. Le'mot Cùnstantia satisfitbeaucoup Constance, qui, ne sachant pas le latin, se persuada que toute cette pièce était pour elle. Plusieursdes hymnes sacrées composées par Robert ont été long-temps chantées dans les églises.

Philippe I er ., fils aîné de Robert, passait pour être un des hommes les plus spirituels et les plus éloquens du

royaume. C’est le premier des rois de France qui, pour autoriser les chartes, les ait fait souscrire par les grandsofficiers de la couronne.

Pierre Lombard , appelé le Maître des sentences J se distingua dans l’Université de Paris, et parvint k l’évêchéde cette ville. Philippe, fils de Louis-le-Gros , et archidiacre, qui avait été son élève, refusa cet évêché pour ledonner k son maître. Lout le monde connaît son ouvrage des sentences , sur lequel nous avons tant de com-mentaires, et si peu de bons.

La même Université doit ses premiers statuts k Philippe-Auguste . Sous son règne, cette noble institutionl’emporta de beaucoup sur toutes les autres. Suivant Jean Delaunoy, Guillaume de Champaux, puis PierreAbailard, tous deux n’étant encore que séculiers, enseignèrent la philosophie a Paris . Ils s’appliquaient k com-menter les saintes écritures et k en développer le véritable sens ; les élèves et les auditeurs qui suivaient les coursde ces deux professeurs étaient nombreux, il y avait entr’eux une noble émulation. Tous deux avaient faitleurs études dans l’école de Laon , dont la célébrité commença dans le onzième siècle, et se maintint avecle même succès jusqu’k la fin du douzième.

Guillaume de Champaux mourut en 1121^ après avoir ete élu évêque de Châlons-sur-Marne . On a de lui

CO y °y- planche XXVIII. Voy. également les Monwm. franç. înéd., deM. Xavier Villemin.