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Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
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DES MONUMENS DE LA FRANCE .

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l’indique notre gravure. M. Durand, architecte distingué et professeur à l’écolepolytechnique , a publié ce monument dans son Parallèle de Varchitec-ture. En suppléant aux grandes parties que le temps a détruites, il a fortingénieusement placé sur la plate-forme de l’attique le triomphateur dansson char, et sur les piédestaux de droite et de gauche les guerriers quisont censés l’accompagner dans son triomphe.

Le théâtre est, après l’arc d’Orange , le monument antique le plus remar-quable de la meme ville. On en peut juger par le plan et l’élévation de lafaçade principale que nous donnons. Il est situé sur le penchant de la mon-tagne, et, comme on le voit sur le plan, la partie circulaire dans laquelleles sièges des spectateurs étaient établis est pratiquée dans la montagne. Levoyageur, dit M. Alexandre La Borde, dans son Voyage de France , peut ai-sément, en parcourant les gradins du théâtre et en élevant la voix , jugercombien les architectes anciens connaissaient les lois de l’acoustique ; lesparoles, prononcées même à demi-voix, résonnent de la manière la plussonore. Seize arcades d’ordre dorique forment la partie inférieure de l’élé-vation. La grande porte d’entrée, placée au milieu de l’édifice, est carrée etaccompagnée de deux colonnes qui montent jusqu’au premier bandeau ,au-dessus duquel s’élève un archivolte qui la couronne. Le second étage,décoré dans le même style , se compose de vingt-une arcades , soutenuespar des pilastres du même ordre. Ce monument précieux des Romains estle plus entier de tous ceux qui nous ont été conservés.

Le sarcophage ANTIQUE gravé au bas de cette planche est l’un de ceux quifurent découverts, il y a quelques années, près de Bordeaux , et dontM. Laco'ur a donné la gravure et la description. On les voit aujourd’huil’un et l’autre au Musée du Louvre. Ils sont de marbre de Paros , de troispieds de haut sur six pieds six pouces de long. L’un représente Bacchus,accompagné d’une nombreuse suite, descendant de son char attelé de cen-taures , et approchant d’Ariane endormie. L’autre ( c’est celui que nousdonnons ici, parce qu’il nous a paru le mieux sculpté et le plus in-téressant) représente Endymion étendu dans une grotte du mont Latmus.Près de lui sont deux nymphes , que leurs couronnes de pin et lesbranches d’arbre qu’elles tiennent peuvent faire regarder comme deshamadriades. Le Sommeil, que l’on reconnaît aux ailes qu’il porte au frontet aux épaules, conduit par un amour et accompagné du génie dessonges, répand ses faveurs sur le berger. La petite figure qui est assisereprésente sans.doute le génie du lieu. Un autre amour, sa torche à lamain, guide vers son amant Diane descendant de son char, dont une desheures et deux amours retiennent les chevaux. On reconnaît la déesse de lanuit à son voile et à la torche qu elle tient à la main. Plus bas est la Terre personnifiée , qui tient une corne d’abondance; à gauche, un vieillard,dont la gibecière èt les bottines décèlent un des suivons d’Endymion .Les têtes de Diane et de son berger, qui, selon la coutume des anciens,devaient retracer les portraits de ceux dont on ornait la tombe, ne sontqu’ébauchés.

Sur la partie supérieure du sarcophage sont sculptés deux sujets étrangersau bas-relief principal. L’un représente le jugement de Paris, l’autre desgénies occupés de soins relatifs à la chasse et à la pêche. Au milieu est uncartel soutenu par deux génies et destiné à recevoir une inscription. Lestêtes radiées d’Apollon et de Diane ornent les coins de ce sarcophage , quetout nous porte à considérer comme un ouvrage du troisième siècle.

PLANCHE IV.

Bas-relief en marbre. Le premier dessin de cette planche représente la faceprincipale d’un tombeau orné de cinq bas-reliefs renfermés dans autant d’ar-cades supportées par six colonnes d’ordre composite, telles qu’on les faisaitau quatrième siècle. Les sujets des bas-reliefs de ce monument, quisurmonte la fontaine des bains publics d’eau minérale à Aix en Provence ,nous paraissent être tirés de l’ancien Testament. Ainsi, selon nous, ce sar-cophage aurait servi à la sépulture d’un chrétien de famille distinguée. Si letravail de la sculpture est peu soigné, on trouve dans la composition dechaque sujet la manière simple des statuaires grecs; les attitudes sont vraies,et le dessin, sans être correct, a de la noblesse et de l’expression, surtoutpar la manière dont il est articulé. Le premier sujet qui se présente estle sacrifice d’Abraham , le second la résurrection du Lazare; quant auxautres, ils ne nous paraissent pas assez caractérisés pour les décrire. Onfera observer encore qûe tous les personnages sont vêtus à la romaine, etque le plus jeune de tous tient un rouleau à la main; ce qui nous autorise,en quelque sorte, à dire qu’il représente l'évangéliste saint Jean, le dépo-sitaire des pensées de Jésus-Christ .

La colonne de Cussy, élevée près d’Ivry, en Bourgogne , considérée parSaumaise comme un trophée de la fameuse victoire remportée à cinq lieuesdAutun par César sur les Helvétiens et les Boïens , et que l’on regardecomme T un des monumens les plus importans parmi ceux qui ont été élevésen France par les Romains, devait non-seulement avoir place dans notrerecueil, mais y être détaillée dans toutes ses parties. Nous en avons doncdonné les plans, l'élévation et les figures séparées. Ce ne fut qu’en 1724que Ion fit, à quelque distance du monument, la découverte de la partiesupérieure, un peu endommagée, et du chapiteau d’ordre composite ; outreles feuillages dont il se compose, on y remarque quatre têtes, une pour

H* ^ 4 tlas . — Monumens.

chaque face, qui paraissent être des divinités. La hauteur totale de l’édificeest de vingt-cinq pieds sept pouces.

Le premier piédestal n’est qu’un soubassement carré, à pans coupés età faces concaves, comme l’indique le plan; sa hauteur est de sept pieds surseize de circonférence. Le second piédestal, qui est celui de la colonne,forme un octogone parfait ( Voyez le plan), dont les huit faces présententautant de niches dans lesquelles sont sculptées des figures de la mythologiegrecque; sur ce second piédestal s’élève la colonne qui repose sur une baseattique d’une assez bonne proportion. Le fût est entièrement couvert pardes feuilles d’eau renversées; sa partie inférieure est ornée d’une grandequantité de losanges d’un bon goût, dans le milieu desquels on a sculptéune espèce de rosace.

Les huit figures sculptées autour de la colonne représentent, i* Bacchusavec sa panthère, qui est à ses pieds; 2. 0 Vénus marine, ou la Saône ;3 .° Hercule appuyé sur sa massue; 4-° un captif gaulois , qu’on reconnaît àses mains liées et à sa tunique'courte appelée sagumj 5.° Minerve figuréele casque en tête et à demi-nue, à la manière des barbares; car chez lesGrecs cette déesse, qui était l’image de la pudeur virginale, était toujoursfigurée vêtue; 6.° Junon appuyée sur son sceptre, avant pies d elle lepaon qui la caractérise, et tenant a la main une pantnèie; 7. Jupiterbarbu, tenant dans sa main le symbole du commandement, et le pied droitposé sur la boule du monde; 8.° Ganymède coiffé du bonnet que porte lecocher céleste, précurseur du soleil. Il fait boire 1 aigle de Jupiter sonmaître, posé près de lui sur une colonne.

Le motif de l’érection de ce monument, que nous croyons avoir étéun triomphe quelconque, a donné lieu à beaucoup de conjectures. Connueil ne porte aucune inscription, et que l’on peut facilement errer sur levéritable sujet de sa construction, nous 11e nous hasarderons pas à proposerde nouvelles idées, dans la crainte de n elre pas aussi heureux que lessavansqui nous ont précédés (1).

La mosaïque désignée ici sous le nom de mosaïque d Aix a ete découverteprès de l’hôpital de cette ville, en 1790. Elle se voit aujourd’hui dans lamaison du corps municipal, où elle a été réunie avec d autres antiquités ,dont M. Millin a rendu compte. ( Voyez son JSoyage dans le midi de laFrance , t. II, p. 258.) Comme toutes les mosaïques antiques ou du moyenâge, celle-ci est formée de petits cubes ou dez en émail diversement colo-rié , en verre teint ou doré, et en marbre; elle présente un carré de vingt-sept pieds sur vingt-cinq, et se compose d’une infinité de losanges distribuésavec goût, dans le milieu desquels sont figurés alternativement des masquesscéniques et des fleurs des champs. Le tableau que l’on voit dans le milieureprésente trois personnages en action, dont la position, les altitudes et lesgestes indiquent assez une scène de comédie. Le dialogue est animé entreun jeune homme et une femme , lorsqu’un troisième interlocuteur, te-nant d’une main un rouleau et de l’autre un bâton, qu’il lient levé, paraîtvouloir en frapper les autres personnages. Cette scène, tirée sans douted’une pièce de théâtre dont le sujet nous est inconnu , produit autantd’effet par la vérité des expressions que par la vivacité du coloris.

Trois médailles. Des trois médailles gravées dans le compartiment opposéà la mosaïque dont on vient de parler, la première est gauloise, la seconderomaine et la troisième grecque. Elles ont été réunies ici pour faciliter facomparaison que l’on voudrait faire de l’état de l’art numismatique chez lestrois peuples. (Foyez leur descriprion p. 8.)

Fig. 4. Les deux lames d’épées en cuivre, découvertes près de Paris , portentdeux pieds un pouce et demi de long. Ces lames gauloises ont r< çu un > trompesi dure , qu’elles sont comparables à l’acier; elles ont de particulier qu’il y adans le milieu du plat un corps rond assez saillant, propre à en rendre lesblessures extrêmement dangereuses. Les poignées , que l’on peut supposeravoir été faites en corne ou en ivoire, ont été perdues. Il est à présumerquelles étaient rondes, à peu près comme celles que font les Orientaux.Monlfaucon , qui a parlé de ces lames ( Antiquité expliquée ), rapported’après Strabon [livre 4) que les Gaulois de la Gaule-Belgique portaientde longues épées pendantes au côté droit : ces deux épées, ajoute-t-il, sontaussi fort longues, comparées à celles des Romains, qui n’avaient qu’unpied et un pouce de longueur ou environ.

Autel où l’on voit la statue de la déesse Néhalennia . Quoique le monu-ment de Néhalennia, seulplté en pierre, vienne de la Zélande , on peut leconsidérer comme un ouvrage gallo-romain, puisque Mnntfaucon et dom

vou ci environs, insérée clans son n»c i,c “ “ c uisniriaiions Historiques

plusieurs sujets d’anliquité (Paris , 1706, in-12), veut que ce soit le tombeau d’un pigaulois . Thomassin (Lettre en forme de dissertation sur ta découverte de la coltde Cussy, imprimée à Dijon en 1725) et Germain ; Mélangés historiques et philoiogî,de Michault, t. a, p. 177, ) pensent que c’est une colonne triomphale érigée à JmYs-Caprès la défaite des Helvétiens près d’Arnay. Moreau de Mautoui- ( Mercure de Fraijuin 1726, p. 1574) dit que cette colonne a été érigee à 1 empereur Claude. Monifai(Antiquité expliquée, supplément, t. 2, p. 224) regarde celte colonne commemonument de la religion des Gaulois , et la voit comme pouvant aller de pair avectemples octogones. M. Alexandre La Borde ( Description des monumens de Ja Fraien fixe la construction au temps d’Aurélien. M. Prunelle, docteur en médecine (Magencyclopédique, année i8o5, t. 4i P- ^ a 4), pense que cette colonne esL un monunde la victoire remportée par les troupes de Maximien sur les Bagaudes. Celle deri:conjecture, accompagnée d’une dissertation intéressante et bien faite, me paraît la mappuyée. Elle a produit le même effet sur M. Millin, qui l’a rapportée en partie dansouvrage intitulé Voyage dans les déparlemens du midi de la France, t. 1, p. 288 et a

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