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faire les deux faces du mur de carreaux (i), de pierre ou de briques enliaison; le milieu, de ciment ou de cailloux de rivière, pélris avec dumortier, et de placer à certaine* distance des rangs de briques en liaison.Voilà, à peu de chose près, le genre de construction que présente le petittemple de Saint-Jean; de même que le palais des Thermes à Paris , décritpage 2, l’intérieur de ce temple forme un carré de quarante pieds de long survingt-cinq de large. A l’extrémité , il fait voir un renfoncement formantsanctuaire, orné de plusieurs politiques décorés de colonnes de marbre. Ona diversement parlé de ce monument, dont nous croyons devoir fixer la con-struction aux premiers temps de l’exercice du christianisme en France ,c’est-à-dire vers le règne de Clovis . Suivant 1 opinion de dom Martenne,qui écrivait en 1717, il aurait été le baptistère de toute la ville de Poitiers .En effet, on voit dans le milieu de l’édifice un trou d un pied de diamètrequi est au centre d’une espèce de bassin octogone.
Ordre de la sainte-ampoule , ou de Saint-Remi . On croit que cet ordre estle premier qui parut en France. Il a été institué par Clovis , lorsque , aprèsavoir gagné la bataille de Tolbiac, il se fît baptiser à lveims, pour remplir lapromesse qu’il avait faite à Dieu et à la reine d’embrasser le christianisme,s’il remportait la victoire. On dit que la sainte-ampoule fut apportée à sonbaptême par une colombe céleste, et que ce fut en mémoire de ce grandévénement qu’il institua l’ordre de ce nom (2). Le roi ne le conféra qu’àquatre barons.
La décoration de cet ordre, comme on le voit par la gravure, se composed’une croix émaillée de quatre fleurs de lis, et d’un bas-relief représentantla main du roi retirant la sainte-ampoule du bec de la colombe.
L’ordre du chien et du coq , dont la gravure fait voir la décoration, futinstitué en France en 5 oo, par Lisois De Montmorency. Ce n’était qu’unemarque distinctive qu’il donna aux chevaliers qui l’accompagnèrent auxétats-généraux assemblés à Orléans. Ils firent serment de fidélité à Dieu et auprince. La devise de cet ordre était vigiles. *
Le chien et le coq , groupés en relief, et posés sur un lièvre étendu , sontattachés à une chaîne qui est suspendue à une espèce de marchepied dontles angles sont couronnés par deux têtes de cerf.
Statues et tombes royales. Les figures suivantes sont les statues, i.° du roiClovis et de Clotilde sa femme; 2. 0 la tombe du même roi, tirée de l’égliseSainte-Géneviève; 3 .° les statues de Chilpéric et de Frédégonde , de l’ancienportail de Saint-Denis , et la tombe en mosaïque de la même reine, que l’onvoyait en 1788 dans le chœur de l’église Saint - Germain-des-Prés . Aujour-d’hui toutes ces figures sont à Saint Denis.
La statue de Clovis est ceinte du diadème, et porte les marques consulaires,dignité qu’il reçut à Tours , d’Anastase , empereur d’Orient, qui lui députaexprès un ambassadeur. Suivant Grégoire de Tours , le diadème était d’or ,enrichi de pierres précieuses; le manteau et la robe de pourpre, ornés debroderies. Tous les caractères essentiels sont bien exprimés sur cette statuecomme sur celle qui ornait la tombe de ce prince, que nous avons gravée àcôté de celle-ci.
La figure de la reine Clotilde n’est pas moins intéressante que celle deClovis ; l’ovale de son visage est bien dessiné, et ses yeux, sans indicationde prunelle, à limitation des statues antiques, ont la forme dune amande;cette reine, suivant Mézerai, était belle, bien faite, avait l’esprit entre-prenant, et montrait une grande habileté dans les affaires.
Ce qui rend les statues de Clovis, de Clotilde, de Chilpéric et de Frédé-gonde , que nous avons gravées, tout-à-fail singulières, c’est le nimbe ,cercle lumineux , c’est-à-dire l’auréole sacrée, sur lequel les têtes paraissentappliquées. Montfaucon dit que l’usage de placer le nimbe sur la tête desstatues des rois de France se borne à la première race, et qu’il ne passa pointdans la seconde. En effet, si on examine au portail de la porte des Valois, àl’église Saint-Denis, les statues des rois de la troisième race, qui ont étésculptées dans'le onzième siècle, on verra qu’elles sont sans nimbe. (Ce portailintéressant sera gravé à son ordre de date. )
Le nimbe se plaçait rarement sur les statues, et on ne le voit ordinaire-ment que sur celles qui représentent Jésus-Christ,la sainte Vierge, les saints ,et ceux de nos premiers rois chrétiens, auxquels, à l’exemple des empe-reurs, on accordait les honneurs de l’apothéose apres la mort. Tout, dansla circonstance, servira donc à fixer l’époque de l’érection des statues dontil s’agit, comme à déterminer la qualité des personnages en l’honneur desquelselles auront été élevées : d’abord nous voyons le nimbe intact et bien conservéqui caractérise essentiellement la première race; le bâton fleuri ou le sceptreque l’une d’elles tient de la main droite indique assez le commandement et lapuissance ; aucun doute que cette statue 11e soit celle d un roi. Si ensuitenous considérons le style, le dessin et le goût qui distinguent particuliè-rement cette sculpture, nous y reconnaissons les formes, le travail et les coti-
(1) Ces carreaux, que j’ai examinés avec alleulion , sont plats, d'environ dix poucesde long, d’un demi-pouce d’épaisseur, et parfaitement cuits; on les employait indistinc-tement sur champ ou à plat, suivant les circonstances.
(2) Comme Grégoire "de Tours, ni aucun des auteurs qui ont vécu pendant les troissiècles qui ont suivi la conversion de Clovis , ne parlent de la sainte-ampoule, on peut re-garder tout ce qu’en rapportent les auteurs des neuvième et dixième siècles comme unefable. Quoi qu’il en soit, elle sert encore au sacre de nos rois depuis Pépin -le-Bref, lePremier qui introduisit l’usage de Ponction, qui se conserve encore de nos jours.
Atlas. — Monumens.
venances que nous voulons trouver dans les ouvrages du premier style', dansce que nous appelons monumens du moyen âge ( 1 ).
Il ne faut pas attribuer, comme on a pu le faire , à l’ignorance du statuairela longueur disproportionnée de ces statues, puisque ce manque d’ensemblen’a pas lieu dans les bas-reliefs du même temps ; mais celles-ci ayant étéemployées aux portes des églises, à la place des colonnes qui devaient lesdécorer, on a dû leur donner, en quelque sorte, la hauteur d’une colonne pourconserver à 1 architecture la proportion de son ordonnance. Cette observa-tion est d autant plus juste, que les figures dont il s’agit étaient couronnéesd un chapiteau et supportées par une base , comme le sont généralement lescolonnes. On peut donc les consideier comme de véritables caryatides.
La figure suivante couvrait la tombe de Clovis . L’effigie du roi estsculptée en belle pierre de liais, et non pas en marbre, comme on l’aimprimé. Elle a peu de saillie; c’est un véritable bas-relief, dont le style,moins sevère que celui des précédentes figures, montre déjà un relâchementsensible. Il présente une exécution plus soignée, mais moins sentie; en unmot, ce n’est plus le travail d’un sculpteur grec. L’ancienne église de Sainte-Geneviève ayant été brûlée par les Normands, et restaurée par les ordres duroi Robert, on releva religieusement les corps de Clovis et de Clotilde , quiétaient dans la sacristie, et on les transporta dans le milieu du chœur, où onleur construisit un tombeau commun. La sépulture des rois de la premièrerace était fort simple, et sans aucune pompe extraordinaire, comme l’afort bien remarqué le savant père Mabillon. On n’a employé que fort tard ,ajoute-t-il, c’est-à-dire sous les enfans de saint Louis, le marbre et le bronzeà leurs tombeaux , si l’on en excepte un petit nombre. Celte remarque s’ac-corde parfaitement avec l’inscription que les chanoines de Sainte-Genevièveont fait graver sur le.mausolée de Clovis , la voici :
CLODOVÆO magno.
liegum Francorum primo christiano , huj-us Basilicæ fundatori,sepulcrum vulgari olim lapide slructum et longo œvo deformatum „abbas et couvent , meliori opéré , cultu et forma renovaverunt.
La statue de Chilpéric représente ce roi la tête couronnée et entourée dunimbe. Il tient à la main un violon, par allusion aux chants d’égiise, dontplusieurs furent composés par lui.
La reine Frédégonde est également couronnée et ornée du nimbe; elletient un rouleau, sur lequel on avait probablement inscrit son nom en carac-tères rouges, suivant l’usage du temps.
Tombe de Frédégonde. La figure de la reine Frédégonde , qui avait étéinhumée dans l’église Saint-Germain-des-Prés à Paris, auprès du roi Chilpéric son époux, est une espèce de mosaïque à la manière des Orientaux; c’est-à-dire que les pierres coloriées ou les émaux dont elle est composée sont in-troduits et fixés, à l’aide d’un ciment, dans des cavités de cuivre qui dessi-nent de grandeur naturelle la figure de la reine sur une pierre de liais detrois pouces d’épaisseur, qui servait de fermeture au tombeau. Il y a appa-rence que les places du visage, des mains et des pieds , qui sont au.ourd huinues, sans formes, sans traits, et sans aucun travail, étaient peintes oucouvertes d’une plaque d'un métal précieux relevé en bosse, que la cupiditéaura fait disparaître. L’inscription Fredegundia regina , uxor Chil,;ericiregis, qu’on lit autour de cette tombe, ne date point du temps de son érection,qui fut ordonnée par le roi Clotaire II , fils de la reine, l'an Goo.
Tombeau de Bruneiiaut. Les restes mutilés de celte reine furent inhumésdans la chapelle souterraine de l’église Notre-Dame de Saint-Martin-lès-Autun ,quelle avait fait bâtir. Le monument que nous avons fait graver est unerestauration faite par ordre du cardinal Rollin, abbé du monastère, qui fittransférer la tombe de Brunehaut dans l’église, sous une arcade en pierre detaille, soutenue de plusieurs colonnes. Voici l’épitaphe qu’on lisait dans l’in-térieur de l’arcade:
Brunachil fut jadis reine de France ,
Fondatresse du saint lieu de céans.
Cy inhumée l’an six cent quatorze ans,
En attendant de Dieu vraye indulgence-
Tombe de Ciuldebert, mort en 558. Ce bas-relief, dont nous reportonsl’exécution à l’an 1000 , représente le roi couché, tenant dune main lemodèle de l’église Saint-Germain-des-Prés , dont il fut le fondateur, etde l’autre un sceptre. En i656, le tombeau fut reconstruit dans le milieudu chœur de l’église, et orné de l’inscription suivante : Uic Childebertic-hristianissimi Francorun regis ossibus et cineribus quies reparata ,an D. 1 656, die decembris 23 eocccssus ejusdem regis anniversaria.
Ilic UUrogotlui regina Childeberti regis conjuac quiescit 3 reposilaan T)- i656, die decembris 20 .
,) Je parle ainsi de ces deux statues rares et curieuses, parce que je suis le premierles ai fait connaître, après en avoir fait 1 acquisition pour le Musée français , queIministrais. Comme elles sont dénuées d’inscriptions, on pourrait contrarier monement, non pas sur l’époque que je leur assigne, elle est certaine, mais sur les noms. je leur donne. Pour lever les doutes qui pourraient naître à cet égard, je dirai queexaminé toutes les têtes connues de Clovis , soit sculpture , sceau ou médaille, et quetraits de son visage , son regard, sa chevelure, le port de sa personne, se sont trouvésforme avec ceux" de la statue. J’ai usé du même moyen à l’égard de la reine. J’aidié et fait graver ces figures intéressantes dans mon ouvrage sur le Musée de la ruePetits Augustins dès Tannée 1800. Ces figures, de pierre tendre, portent 6 pieds
haut.
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