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Tait offrir 1 âge de plusieurs de ses parties. Les plus anciennes sont en opus in-certum de moellons de pierre tendre et blanche jetés sans ordre dans beaucoupde mortier. Celles de 1001 sont composées de moellons de pierre dure grise etrougeâtre, de deux à trois pouces d’épaisseur, arrangés avec symétrie. Ce moel-lon était employé dans le pays et la ville de Dijon aux monumens du onzièmesiècle et des temps postérieurs. On peut conclure de ces observations que leschapelles et les parties de l’église hachées sur le plan sont évidemment de 5 o 6 ;que la rotonde du milieu fut rebâtie ou restaurée par l’abbé Gudlaume en 1001;qu’on y employa des matériaux précieux tirés d’édifices plus anciens; que lestours, avec les escaliers, ainsi que la chapelle Saint-Michel, sont du onzièmesiècle; enfin que la nouvelle église a été bâtie dans le treizième ou quator-zième siècle, sur les fondemens de l’ancienne, puisque le portail et la ro-tonde , qui sont les deux extrémités et sur le même axe, subsistaient encorevers 1800 (1).
PLANCHE IX.
Vue de l’église souterraine de Soissons . Voj. pl. VIII. Vue de l’égliseSaint-Denis.
Ciiarles-Martee. Cette statue en pierre est de grandeur naturelle. Le princeest couvert de la tunique à manches longues nommée manuieate , et du man-teau attaché sur le devant par une courroie, comme cela se voit sur beaucoupde statues de nos rois faites dans le moyen âge. Il a la main gauche couverted’un gant, ce qui indique le droit de chasse ou de fauconnerie, dont il serafait mention ailleurs. Sa chaussure est une espèce de soulier fermé par unruban noué sur le devant. Cette statue a été refaite dans le douzième siècle à
la suite des restaurations faites sous la régence de la reine Blanche à l’é-glise de Saint-Denis , où elle couvre le tombeau de celui qu elle représente.
Statue présumée de ea reine Berthe. Statue en pierre noire haute de cinqpieds deux pouces , tirée du portail de l’ancienne abbaye de Saint-Pourçain ,sur la rivière de Scioule dans le Bourbonnais . Cette statue, connue dans lepays sous le nom de reine Pédauque, ou la reine au pied d’oie, est considéréepar plusieurs auteurs comme l’image de Berthe , femme de Pépin , qui, suivantdes chroniques du temps, accoucha d’un oison; ce qui la fit représenteravec un pied d’oie. Nous n’assurons pas que celte statue soit celle do la reineBerthe plutôt que celle de Clotilde , qui aurait, selon Mabillon, été représen-tée de la même manière. Quoi qu’il en soit, cette figure très-curieuse, bienqu’on en trouve de semblables dans plusieurs endroits, 1 tous les caractèresd’une sculpture ancienne; les cheveux tombent sur ses épaules, et le jet desdraperies est parfaitement semblable à celui des statues des premières épo-ques de l’art en France. On voit aussi a Saint-Denis une statue couchée et enpierre de la même reine, du douzième siècle.
Statue de Pépin. Cette statue est copiée d après une peinture du neuvièmesiècle, tirée des Capitulaires de Baluse. Le roi est assis sur son trône , portantle sceptre et la couronne, et revêtu d’une tunique longue et du manteauroyal. Monlfaucon observe [Mon.fr., t. 1, p. 273) que la couronne n’est pasexacte, et qu’elle pourrait bien être de l’invention du peintre. Nous pensonsque c’est le défaut de perspective qui fait que les fleurons de cette couronne,fermée comme celle des empereurs , n’ont pas précisément la forme qu’ils de-vraient avoir. On peut voir une autre statue de Pépin à Saint-Denis .
QUATRIÈME ÉPOQUE.
DEPUIS LE RÈGNE DE CHARLEMAGNE JUSQU’AUX CROISADES.
ue de u 'Église souterraine de Saint-Denis . La fondation de l’église royale deSaint-Denis est due à Dagobert I ": mais ce qui forme aujourd’hui l’églisebasse ou souterraine, c’est-à-dire le caveau et les grandes galeries qui l’entou-rent , date des règnes de Pépin et de Charlemagne , qui la firent entièrementrebâtir. Les gros piliers, les voûtes circulaires et les chapiteaux sculptés etornés de bas-reliefs en sont une preuve suffisante. Si on compare cette crypteavec celle de l'église de Saint-Médard-de-Soissons , gravée pl. VIII, ellefixera l’époque de l’introduction de la richesse dans les détails de l’architec-ture. Il y a ici des arcades, des colonnes et des chapiteaux sculptés. On nevoit rien de tout cela dans l’église basse de Saint-Médard, dont la constructiondate du règne de Clotaire!.
On remarquera que celte crypte est décorée de petites arcades en pleincintre, selon le goût des Romains du bas-empire, soutenues par des colonnesdont les chapiteaux , ornés de bas-reliefs , représentent des sujets pris dans lavie de Pépin et de Charlemagne . Parmi ces chapiteaux il en est qui repré-sentent des chariots chargés de bagages, des chars avec leurs conducteurs,et en général tout ce que comporte un voyage royal. Les évangélistes et lemystère de la messe y sont aussi figurés.
Depuis Henri IV , ce caveau a été consacré à la sépulture de la familleroyale des Bourbons , dont les tombeaux sont rangés en ordre tels qu ils sontfigurés sur la gravure. Seulement nous les avons ornés de bas-reliefs et desstatues des rois pour rendre le dessin plus agréable à l’oeil.
Chapiteaux de l’église souterraine de Saint-Dents. Ces chapiteaux, que nousavons jugé à propos de graver séparément, quoiqu’ils soient d’une exécutionbarbare, sont curieux en ce qu’ils font connaître les usages, les costumes etle style de l’architecture de ce temps. Le premier, à gauche, représente lesévangélistes assis, vêtus d’une chape et tenant chacun un livre. £e secondreprésente le sacrifice de la messe; dans ce que nous avons donné, on ne voitque les assistans. Le troisième, gravé sur deux de ses faces, fait voir Pépin etCharlemagne assis sur un trône dont la forme peut se comparer à celle de lachaise curule gravée pl. VI, et désignée sous le nom de fauteuil de Dagobert .Tous deux sont couronnés et tiennent à la main le sceptre royal; ils sont vê-tus de la tunique à manches longues, nommée manuieate, et du manteauattaché sur le devant par un bouton ou une courroie, comme cela se voit surbeaucoup de statues de nos rois sculptées dans le moyen âge. Pépin a la maingauche pQsée sur le trône, et la tête enveloppée d une espèce de capuchonsemblable txucuculius des Gaulois, dont nous avons déjà parlé ( pl. V ). Char-lemagne tient à la main un globe, attribut des empereurs; il n’a point decucullus.
Charlemagne en habit de guerre. Cette figure, d’un goût barbare, et dontle costume n’est pas parfaitement exact, a été tirée d’un manuscrit orné depeintures représentant les souverains de Bavière , dont nous reportons l’exé-cution à la fin du treizième siècle, c’est-à-dire bien avant la restauration del’école allemande par Albert Durer. Charlemagne est représenté avec la cou-ronne impériale, qui est d’or posé sur un fond de velours blanc, excepté la
( 1 ) Four plus de renseignemens, consultez l’Histoire générale et particulière deBourgogne par un religieux bénédictin de saint Bénigne, et de la congrégation desaint Maur, 4 vol in-fol. Voyez t. 1 , p. 5 10 et suivantes, et article saint Bénigne, à latable. Le père Mabillon, Annal. , t. 4, P- i5i.
IF Atlas —Monumens.
raie du milieu qui est violette. Son manteau est vert, doublé de rouge ponceau ;toute 1 armure est en fer, et la bordure de la cotte de maille d’or. Les suulicrssont noirs et les éperons en fer. L’épée que l’empereur tient à sa main est dansson fourreau, dont une partie est‘de couleur écarlate et l’autre en or. Le globequ’il tient à sa main gauche est de fer.
Epée, sceptre et main de justice de Charlemagne . La poignée de l’épée deCharlemagne est en or; elle est fort bien ciselée et d’un dessin sévère; le four-reau, ainsi que le baudrier, sontde velours bleu brodé en or. Le premier sceptreest une longue verge d’or décorée de petits losanges avec fleurons bien tra-vaillés. Il est surmonté d’un aigle dont le style barbare caractérise le tempsoû il a été exécuté. Le haut du second sceptre, qui est aussi d’or, est ornéd’un Iis émaillé sur lequel est représenté Charlemagne assis sur son trône,avec ces mots gravés sur la plinthe : Sanctus Carolus magn as. Italia,Roma , G allia, Germania. Ce sceptre a cinq pieds dix pouces de haut. Lamain de justice, sculptée en corne de narval, est montée sur une tige d’or dela même hauteur.
Charlemagne. Mosaïque représentant Charlemagne debout, vêtu de latunique courte à manches longues, et d’un manteau ou clUamyde brodé. Lacouronne qu’il a sur la tête est fermée par le haut comme celle des empe-reurs d’Orient, et ses jambes sont garnies d’une espèce de brodequin formépar des bandes d’étoffe. Montfaucon dit [Mon. franc. , 1 . 1, p. ^5 )que de son temps cette mosaïque curieuse, faite du vivant de Charlemagne ,n’existait plus, et qu’il l’ a fait graver d’après Allemanni, qui l’avait vue,examinée et fait dessiner sous ses yeux.
Ceinture et chaussures de Charlemagne . Ces divers objets du vêtementde Charlemagne sont brodés en or sur soie, et garnis de perles et de pierresprécieuses; les dessins en sont variées et d’un excellent goût. Sur la cein-ture, dont nous n avons ici qu’une portion, on lit ces mots : C. RI. ST VSRIEGENA. CRISTVS. in. Q. PARAT D. DEVS CRISTVS VINCIT. Lachaussure a Beaucoup de rapport, pour sa forme et ses riches ornemens, aveccelle des sénateurs romains, dont on peut voir les statues dans les galeriesdu jardin des Tuileries . Ces objets ont été tirés d’un ouvrage sur les orne-mens impériaux du saint-empire. *
Charlemagne (1).Cette statue équestre, en bronze doré , représente l’empe-reur couronné , tenant de la main droite son épée , et un globe de la gauche.Il est couvert d’un manteau ou cMamyde qui lui enveloppe toute la par-tie supérieure du corps. Ses jambes sont entourées de bandelettes attachéesà une chaussure que l’on pourrait nommer campagus , à cause de sa re-semblancc avec celle des Romains, ainsi nommee (aj. La tetc , d’un stvlesévère , et la couronne ciselée avec grand soin , approchent de la perfectiondes pierres gravées antiques. Le cheval, bien dessiné, quoiqu'un peulourd , semble être une imitation de celui qui supporte la statue de Marc-Aurèle qu’on voit au Capitole.
Q) Cette statue est inédite; elle fait partie de ma Collection d’antiquités; elle passepour avoir appartenu au trésor de la cathédrale de Metz ; elle a dix pouces de haut
environ.
(aj Le campagus était une espèce de semelle avec un rebord qui enveloppait le talon ,et qu’on relevait avec des courroies passées plusieurs lois autour de la jambe en secroisant.
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