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Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
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.DES MONUMENS DE LA FRANCE .

revers de la fîg. 17 indique une ville commerçante, et pour légendeDOIVES!ÀTVS, pour Duerstes , près d’Utrecht, ville située sur le Rhin ,avant que ce fleuve eût changé son lit en 85o. La fîg. 18 a été frappée àStrasbourg , comme l’indique l’inscription ARGENTINA CIVITAS.

Monnaies de Charles-le-Chauve , fig. 6,7.9, 10, 29 et 5o. La fig. 6 estun denier d’argent qui porte pour inscriptions METALLVM. et METVLLO,qui indiqueraient, selon plusieurs auteurs , la ville de Melle en Poitou . Lafig. 7 est également un denier d’argent ; elle porte au revers le monogramme^du prince avec une croix , et au-dessus l’abrégé de CAROLVS , en lettresmal formées. Les fig. 9 et xo sont encore des deniers d’argent; la premièreporte pour inscription TORNANDORT, pour Tonnerre en Bourgogne ,nommée sous la seconde race Tornodorum et Tornedrum; au revers , lemonogramme de Charles , et autour GRAITA DEI IMPER. Selon Leblanc,Charlemagne est le premier qui ait fait précéder ses titres du gratin Del. Aurevers de la fig. 10, le monogramme du prince est PAVIA , pour Pavie .Les fig. 29 et 3o sont un denier et un obole d’argent. Au revers de la pre-mièi’e, on lit BITVRIGES, aujourd’hui Bourges ; de la seconde, AQVITANIX,Aquitaine . '

Monnaie de Raoul, fig. 31 et 33 , deux deniers d’argent frappés, lepremier à Bourges , le second à Lyon , comme l’indiquent les inscriptions.(Pour plus de renscignemens, voyez le Traité des monnaies de France ,

p. 164.)

Monnaies de Charles-le-Simple , fig. 32, 34 et 35, sont trois deniersd'argent. On ne connaît pas la signification du signe-figuré axi revers de lafig. 32. La fig. 54 esj; frappée à Orléans . On ne sait ce que veut dire le motTEMPVS sur la pièce n° 35, frappée à Sens.

Monnaies de Pépin, roi d’Aquitaine , fig. 19, 20, 21 et 22, deniersd’argent. Selon la Chronique d’Adémar, Pépin aurait fait frapper ces mon-naies dans les villes d’Angoulême et de Saintes . Fig. 20 , PIPINVS REX EQ.,pour Bquilaniœ% au revers, le monogramme du prince, et PECTANO,pour Poitiers. Fig. 21, obole, au revers LVMODICAS, pour Limoges .Fig. 22, également obole.

Monnaies de l’empereur Lothaire , fig. 23 et 24, deniers. Au reversfi». 23, CAMARACVS CIVIS, pour Cambrai . Sur le deuxième on lit PIVS,et au revers SANCTVS PETRVS, ce qui peut faire croire quelle a été frappéeà Rome, capitale des états de Lothaire.

Monnaie de Louis fils de Lothaire, fig. 25 et 26, deux deniers d’argent.Au revers de la première , RO pour Roma. Sur la face principale on voit lebuste de saint Pierre, avec deux lettres S. P. pour sanclus Petrus , et pourlégende BENEDICTVS, Benoît.

Monnaies de Lothaire , roi de Lorraine , troisième fils de Vempereurdu même nom, fig. 27 et 28, deux deniers frappés, l’un à Strasbourg , l’autreà Verdun .

Monnaie de Grimoald , duc de Bènévent , fig. 8. En laissant à ce duc lapossession de son duché, Charlemagne .mît entre autres conditions qu’ilmettrait son nom sur les monnaies qu’il ferait frapper ; aussi lit-on sur celle-ci, au revers, DOMINVS CAROLVS REX. (Voyez Atlas géographique ,planche IX, et le précis de la Géographie historique.)

PLANCHE XI.

Joueurs d’instrumens. Ces figures sont gravées d’après une peinture tiréed’un manuscrit du huitième siècle. Le tout se compose de deux ai’cadessoutenues par trois colonnes surmontées chacune d’un petit clocher. Aucentre de la première arcade est une reine couronnée et vêtue de ses habitsroyaux ; Ldle porte le voile de veuve. Sa tunique est brodée , et le trône surlequel elle est assise garni d’un coussin. Dans sa main on voit un colfrel quipourrait bien contenir les chartes d’une fondation qu’elle aurait faite enfaveur de quelque monastère, car il est revêtu dun sceau. Deux musiciensplacés dans l’autre arcade lui donnent un concert, pour la remercier sansdoute des dons qu’elle a pu faire à l’église, dont 1 ensemble du tableau seraitl’image. Le premier s’exerce sur une espèce de lyre, dont il fait résonner lescoi’des pendant que le'second frappe sur un carillon a cinq notes , c’est-à-dire à cinq clochettes. Cette peinture, curieuse quoique barbare , n’est pasdénuée de style et d’expression ; elle a beaucoup de rapport avec les pein-tures grecques du bas-empire.

Trônes. Pour la beauté du style et la pureté des formes, on peut comparerles deux trônes gravés sur cette planche aux plus beaux trônes de l’antiquité.

Le premier, formé d’un dossier, d’un siège et d’un marchepied , ressembleassez à nos anciens fauteuils ; il est d’or, orné de bandes rouges et de pei'lesblanches. La draperie du siège est verte , et celle qui tombe de la barre quile ferixxe sur le devant est violette. Le second , d’un style plus sévère et d’undessin plus beau , se compose d’un siège, d’un coussin et d’un marchepied ;il est sans dossier. Le trône, ainsi que son marchepied , est en or. Les orne-mens se détachent sur des fonds rouges. Le coixssin est violet et recouvertde mouches d’argent. Les extrémités de ce coussin, ainsi que les pommes depin qui couronnent les pieds, sont en or. La draperie est rouge pourpre.

Guerriers. Le tableau curieux d’où sont tirés les guerriers gravés ici estdans un manuscrit de la Bibliothèque royale. Il offre deux groupes distincts ,dont le premier représente un roi combattant deux guerriers. L’écuyer

qui est derrière lui couvre la poitrine de son bouclier, tandis que de celuiqu’il tient lui-même il pare les coups de 1’adversaire, auquel il porte un coupde sabre. L’armure des deux autres guerriers est un bouclier et une lance.Tous sont couverts de cottes de mailles, différentes de forme et de gran-deur. Celle du roi descend jusqu’aux genoux ; les autres la portent très-courte, et par-dessus des tuniques dont l’une ne va qu’aux genoux tandisque l’autre descend jusqu’aux pieds. L’un des deux est chaussé du campagus,l’autre n’a que des souliers.

L’autre groupe représente un cavalier couvert de la tunique et de lachlamyde, avec un bonnet semblable au bonnet phrygien , qui était "très-en usage parmi les peuples barbares. Derrière lui est un soldat à pied quiparaît prendre la fuite. Le harnois du cheval ressemble assez aux espèces deblouses en filets ou de toile dont on couvre de nos jours les chevaux dansles instans de repos.

Monument en ivoire. L’espèce de dyptique que nous avons fait graver dela grandeur de l’original représente un roi donnant audience à un chevalierqui lui rend foi et hommage. Il est couronné et vêtu de ses habits royaux,c’est-à-dire d’une tunique et d’un manteau brodé, orné de pierreries ; ilappuie la main droite sur son trône, et de l’autre il tient un globe. Lechevalier , armé de pied en cap , paraît dans une posture suppliante , ettient l’arme basse. Monlfaucon ( Monarch. française , t. 1, p. 3/(9 ) en fixe

1 exécution à la fin de la seconde race ou au commencement de latroisième.

zodiaque. La figure représentée ici d’après une miniature est la premièrelettre du premier chapitre de la Bible de Charles-ie-Chauve ( voyez Charles-le-Chauve , planche IX), qui commence par le mot Dominas . Celte majus-cule se compose d’un zodiaque , et l’enferme dans son intérieur deux figuresplacées dans des cercles, dont la première représente Apollon sur son char,l’autre Diane, également sur un char. Les signes du zodiaque , groupésavec des arabesques qui font le corps de la lettre, sqnt, le taureau , lesgémeaux , le cancer, le lion , la balance, le scorpion , le sagittaire , le capri-corne , le verseau et le bélier. Les signes des poisson^ et de la Vierge sontplacés dans l’intérieur du D. Près du char d’Apollon on a peint deuxpoissons , pour exprimer sans doute qu’à l’époque où le tableau a été fait, lesoleil, à l’équinoxe du printemps , était dans ce signe, et pour désigner sonlever, on lui a mis dans la main un flambeau. Diane, traînée par destaureaux, et tenant aussi un flambeau , tient lieu du signe de la Vierge. Cesminiatures, curieuses, s’exécutaient dans les cloîtres, où quelques artistess’élaient retirés pour exercer plus librement l’art qu’ils professaient.

Guerriers. Celte figure représente Hélie, comte du Maine , mort en 1109;elle est tirée du tombeau qu’on lui éleva dans leglise de la Coulure du Mans.11 est debout, en habit de guerre maillé jusqu’à la plante des pieds. Son écuest oi’né d’une croix fleurdelisée.

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çaises deM. le chevalier de Saint-Morys, était celle d’Yves de Chai trèsqui vivait au onzième siècle. Elle est d’un seul morceau d’ivoire de cinûpouces de haut sur quatre et demi de large, et figurée sur deux facesLe bâton, ou htuus , est d’un travail soigné, et d’un grande perfec-tion pour l’époque où il a été fait. Voici ce que dit Cambry de ce monu-ment ( Description du département de l’Oise , t. 2, p. 200): « Yves deChartres , debout, sans barbe (1), couvert d’une dalmatique sans ouverturepour passer les bras, mais qu’on relevait pour leur donner du jeu , y poiieune mître en forme de croissant. De la main gauche il lient le litmis augurai,de la droite il donne la bénédiction. Près de l’évêque est un acolyte tenantun rouleau à la main. Un autre acolyte est à genoux; on voit derrière lui unsous-diacre portant le livre des Évangiles, dont la couverture est ornée deperles et d’une croix grecque. Trois dômes à cintres pleins couvrent lesaint et les assistans. On remarque au sommet des deux parties latérales deces dômes deux oiseaux à longues pattes , qui poui’raient bien être descigognes , emblème de la piété filiale. Des mascarons, de la gueule desquelssortent des festons de leuillages et des grappes de raisins, sont entremêlés decrocodiles, d hommes et de femmes nus, de lynx, d’oiseaux, d’animauxfantastiques , qui s’enlacent dans le feuillage et tournent avec les volutes. »

Étoeee tissue de soie et d’or. Ce morceau d étoffe, bien conservé, a ététiré le 7 prairial de l’an 7 du tombeau de l’abbé Ingon , mort en ,102 , etenterré avec ses liabils pontificaux. Cette étoffe est très-fine, d’un violetfoncé, ornée de dessins brochés représentant des po y s ones ou es écus,dans le champ desquels sont tracés des lièvres et c es oiseaux en 01. Chaquepolygone renferme une invocation à Dieu en caractères aia xés.

M. Desmarest retrouve dans ce morceau d’étoffe , qu il appelle étoffescutulée ou à écus polygones , tout ce que Pline et Ammien Marcellin nousapprennent sur la fabrication des tissus les plus riches de leur temps et decelui des Grecs. ( Voyez Mémoire de Vacadémie des vnscriptions , 1 " et 2' se-mestres de 1806, p. 177.) Ces étoffes ont etc déposées dans le cabinet dellnstitut.

Galère du règne de Charles-ie-Chauve. Ee vaisseau , que nous avonsgravé d’après un dessin publié par Struut , paraît dater du neuvième siècle.La tête et le cou d’un cheval en décorent la poupe. Les deux rames rem-

(1) Alors les prêtres de l’église romaine ne portaient point la barbe.