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abandonna, en 144y > Je revenu de la régaie pour l’achèvement de celteéglise.
Plans dd rez-de-chaussée et de la partie supérieure de l’église Notre-Dame . La disposition simple de ce plan, si cependant on n’a aucun égardaux irrégularités qu’il présente, doit tenir le premier rang dans l’archi-tecture que nous sommes convenus d’appeler sarracénique. Il est concu avecun tel art, qu’aucune de ces irrégularités n’est aperçue au premier coup-d’œil ; et on ne les trouve qu’en relevant les lignes et les divisions qui com-posent l’ensemble de l’édifice.
i°. L’inclinaison de la partie postérieure de l’église, dont l’axe principal, àpartir du milieu de la croisée jusqu a l’extrémité du chevet, est incliné d’en-viron trois pieds du sud au nord, c’est-à-dire de la droite sur la gauche. Ona produit des contes plus absurdes les uns que les autres sur cette dévia-tion , qui existe, soit à droite, soit à gauche, dans quelques églises chré-tiennes du moyen âge. Entr’autres versions populaires, on a dit : que cettedéviation, plus sensible, si l’on suit la ligne de la voûte, quelle ne le paraît surle plan, était une image de l’inclinaison de la tête de Jésus-Christ mourantsur la croix, et cela' pour rappeler aux fidèles le mystère de la rédemption.Toutes les églises n’ayant pas la forme d’une croix, il serait plus raisonnablede supposer que cette déviation n’a lieu que dans les édifices où l’architecte,gêné par la disposition du terrain, a dû élever sa bâtisse de manière à fairearriver l’absis ou le chœur au point précis où le soleil se lève. II était derigueur de placer l’autel à l’Orient; et, suivant un usage fort ancien, toutes leséglises chrétiennes devaient être orientées. 2°. Le bas-côté à droite de la grandenef est plus long d’environ deux pieds que celui du côté gauche. Les espacemensdes piliers du bas-côté de droite n’étant pas, par cette raison, les mêmes queceux du bas-côté de gauche, il en résulte un défaut complet d’alignementdans cet te partie de l’édifice, dont aucun des côtés n’est pareil à l’autre. 3°. Lebas-côté de droite est plus étroit de trois pieds environ que celui de gauche.4°. La différence d’espacement des piliers du bas-côté donnent à la croiséeune inclinaison relative à celle du chevet de l’église, à laquelle elle sert debase. 5°. Les trois portes d’entrée de la façade principale sont de largeur dif-férentes : voyez sur la même planche l’élévation du grand portail et le planqui est au bas de chaque porte. Celle du milieu a trente-huit pieds, prisedans son ensemble, entre les contre-forts qui divisent cette façade ; celle dedroite est de trente pieds seulement, prise également entre les contre-forts ;et celle de gauche, de trente-quatre pieds. Cette différence de proportions’accorde et correspond parfaitement aux divisions de la nef, des bas-côtés etdes trois vestibules qui les précèdent. 6°. La longueur extérieure de la tota-lité de l’édifice est de quatre cent quatorze pieds ; intérieurement, elle est detrois cent quatre-vingt-dix-pieds ; et de la croisée du nord à celle du midi, elle estde cent soixante-dix pieds. Sa longueur intérieure est de cent quarante-quatrepieds. La largeur de la grande nef et du chœur, prise d’un axe à l’autre, estde quarante-cinq pieds. La largeur de la croisée est de quarante-cinq pieds ;celle de la nef, les bas-eôtés compris, mais sans les chapelles, de cent treizepieds. Les chapelles ont environ quinze pieds de long. La largeur de la façade,les contre-forts des faces latérales compris, est de cent quarante-neuf pieds,et de cent vingt-sept en n’y comprenant pas les contre-forts. Les piliers del’édifice sont généralement remarquables par la variété de leurs contours.
( Yoyez les détails que nous en donnons, désignés chacun par une lettre derenvoi, qui est répétée sur le plan. )
Plan de la partie supérieure de l’église. Le plan de la partie supérieurede l’église se présente avec grâce, si on la voit dans son ensemble général.
La galerie ornée de colonnes qui tourne autour du chœur produit un beleffet; on en jugera par la coupe entière de l’église.
Coupe de l’intérieur de l’église. Par le développement de cette coupe, onjuge facilement de l’aspect intérieur de l’église Notre-Dame et de l’effet queproduit l’ensemble de son architecture ; on apprécie la belle construction despiliers sur lesquels, s’appuient les deux tours ; on est étonné de l’évidementqui existe entre les gros piliers qui dessinent intérieurement le porche. C’estdans cet espace qu’on a établi le logement du gardien des tours. On voit aussile développement entier des bas-côtés du rez-de-chaussée , celui de la galeriesupérieure , celui des croisées et du chevet, ainsi que de la rose de la porteméridionale.
Vue du portail de l’église Notre-Dame . La sévérité du style, la masseconsidérable de cet édifice, les nombreuses sculptures qui le décorent etl’élévation prodigieuse des tours, dont la hauteur, à partir du sol, est dequatre cent quatre pieds d'élévation, tout cela a quelque chose d’imposant.Cette façade principale se compose de trois grands portiques, pratiqués sousdes voussures fort élevées construites en ogive. Ces divisions architecturales,par le nombre de leurs nervures, représentent la voûte céleste ; l es anges,les chérubins, les vierges, les saints, les martyrs en sont le principal orne-ment , et le sculpteur chargé de les représenter a mis chaque personnage àla place qu’il occupe dans le ciel. On y voit Jésus-Christ assis sur un trône,ayant à ses côtés la Vierge et saint Jean; et on a également figuré la naissance,la mort et la résurrection de Marie ; la réunion des patriarches de la tribude Lévi, ainsi que le jugement dernier, et les supplices qui sont réservés auxcondamnés. Au côté opposé à cette dernière scène sont les élus ; ils montent
II e Atlas. —Monumens
au ciel conduits par les anges, qui chantent en chœur les louanges du Très-Haut ; ils sentent qu’ils sont heureux et qu’ils le seront toujours. Telle étaitla pensée du sculpteur, qui a su la peindre par l’expression et par le geste.Voilà en aperçu les sujets qui décorent les trois portes de ce portail.
Dans le principe, toutes ces sculptures ont été peintes et dorées; les tracesqui en restent sont suffisantes pour que l’on puisse juger encore de l’éclat etde l’effet que devait produire l’ensemble de la décoration de cette grandefaçade. Nous remarquerons particulièrement quelques bas-reliefs qui déco-rent les piliers et les masses de construction de la porte à droite, côté dunord ; ils représentent un zodiaque , le martyr de saint Denis, premierévêque de Paris , et plusieurs sujets tirés de diverses légendes. ( Voyez plan-che XXVIL )
La rosace en pierre, taillée à jour et ornée de verres de couleur, qui sevoit au-dessus de la porte principale et au centre, est un chef-d’œuvre d’évi-dement et de sculpture. La grande galerie formant colonnade, et quifixe la plate-forme sur laquelle reposent les tours, par sa légèreté et sonélégante composition, produit un effet merveilleux ; elle était garnie de vingt-huit statues colossales, de quatorze pieds de haut, des rois de France , depuisCliildebert, fondateur de l’église, jusqu’à Philippe-Auguste . Elles ont étérenversées aux premières époques de la révolution.
Enfin, de tous les édifices du genre sarracénique, le principal portail del’église Notre-Dame est celui qui présente l’aspect le plus extraordinaire. Onn’y trouve plus le système pyramidal. Sa forme carrée a de l’analogie avecl’architecture simple, mais énergique, des temples de l’Egypte , qui sont tou-jours accompagnés de deux pylônes, dont la hauteur est prodigieuse et laconstruction gigantesque. L’ajustement des trois portes, celui de la grandegalerie et de la rosace, mis en opposition avec les parties lisses de ce monu-ment , en ressortent mieux et produisent un grand effet.
Vue du chevet de l'église. Cette vue pittoresque et d’un effet magi-que figure une partie de la décoration extérieure de l’église. Si on exa-mine la quantité d’ornemens, de contre-forts et de pyramides qui se dessinentcomme autant de clochers, on peut dire que la partie supérieur.. p _A cebâtiment ressemble à une ville dont toutes les parles élevées seraient autantd’édifices. Ces arceaux, ces points d’appui, multipliés comme les arbres dansune forêt, et dont le jeu varié plaît à l’œil, sont plus que suffisans pour faireconnaître les précautions que prenaient les architectes d’alors pour consoliderl’édifice qu’ils construisaient et en assurer la durée.
pour ia placeun ensemble
septentrional du cloître (Yoyez sur le plan général la lettre N,qu’elle occupe ), il existe une petite porte d’un dessin et d un enscmoiagréables; on peut la regarder comme un joli modèle de 1 architectunsarracénique, dont elle a tout le caractère. On a donné le nom de PortRouge à cette porte, qui conduit au chœur de l’église et sert d’entrée ;MM. les chanoines. On croit quelle a été const uile en 1418, par les libéra-lités de Jean-Sans-Peur , duc de Bourgogne, qui fut tué en i4iç>, par Tanneguy Duchâtel, sur le pont de Montereau . Ce ne serait donc qu’un an rvanson assassinat que le duc aurait fait cet acte de piété. Il nous semble quel’arrivée de Jean à Paris s’est signalée par des actes contraires à celui-là.
Si, ensuite, nous examinons le goût qui règne dans l’architecture de celteporte ; si nous consultons le style et l’art du statuaire qui en a sculpté lesdétails, nous en fixerons la date au temps de Philippe-le-Bel , qui a fait cons-truire le portail qui la précède : le principal bas-relief qui la décore peut servirà confirmer notre opinion. Il représente Jésus-Christ et la Yierge assis, ayantà leur droite le roi Philippe, et à leur gauche la reine Jeanne : tous deuxsont à genoux. Philippe, qui était le plus bel homme de son royaume, estreconnaissable par la beauté de ses traits, par sa stature noble et développée.Les autres bas-reliefs, plus petits, sont sculptés, au nombre de six, dans lecentre de l’ogive. Les deux premiers, à droite et à gauche, représententi°. le cinquième concile œcuménique, où l’on discuta sur un livre que l’onattribuait à saint Jean, et que l’on disait avoir été donné à saint Grégoire deNéocesaree par la sainte Yierge et par saint Jean lui-meme ; 2 . 1 autre est laréunion de quelques évêques discutant sur l’institution, en 1264, par le papeUrbain IY, de la fête du saint Sacrement (1). On y a figuré également l’insti-tution de l’octave de cette fête, en 1316, par le pape Jean XXII . Au-dessous,on a représenté le martyre de saint Jean l’évangéliste, ainsi que saint Clément,qui prêcha la foi dans les Gaules, et saint Marcel, évêque de Paris . Tousdeux sont figurés écrasant sous leurs pieds un monstre hideux, emblèmede l’hérésie.
PLANCHE XXVI.
Plan et élévation du 'portail latéral au midi de l église Notre-Dame .Ce portail se compose de sculptures variées et d’un excellent goût; il fait éga-lement voir dans sa construction, qui date de I2&y, Foute l’élégance dontl’architecture sarracénique peut être susceptible. Pour consacrer à la postérité,
( 1 ) Ce pape, recommandable par ses vertus, croyait, suivant le témoignage des pèresde l’Eglise, que Jésus-Clvrist était présent sur l’autel par un changement de substance ;ce qui, depuis, fut confirmé au concile de Trente, tenu en i545. Urbain, Français denation , fit composer la fête par saint Thomas-d’Aquin. Il était fils d’un cordonnier, et fitses études à Paris .
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