TROISIÈME PARTIE
THÉÂTRES DE SOCIÉTÉ
La comédie de société, si fort en vogue au dernier siècle, est toujours, après la chasse., le divertis-sement le plus apprécié parmi les distractions de la villégiature, de la vie de château. Elle n’a pas cesséd’avoir un répertoire varié, d’inspirer une littérature, à laquelle les auteurs les plus renommés aimentà collaborer, et même à se distinguer.
La plupart des anciennes grandes résidences, châteaux ou grandes villas, avaient leur théâtre.
A la ville, ce plaisir est aussi très apprécié du monde, surtout des dames ; quelques cercles et quel-ques grands amateurs riches aiment à ajouter une scène à leurs salons.
Ces théâtres, nécessairement très variables, en raison d une foule de circonstances, peuvent être devéritables constructions, ou se réduire à une installation momentanée sur une estrade encadrée, sanstoutefois pouvoir descendre au-delà d’un minimum, de 1 espace nécessaire à un salon, une chambre, uncabinet, un bosquet de jardin, etc.
Ils se divisent en deux catégories, suivant qu’ils sont fixes, à demeure, ou provisoires.
Les premiers peuvent être de véritables petits édifices, complets, fidèles réductions des grandsthéâtres, en raison de leur machinerie et des facilités qu’ils offrent de varier les décorations de leschanger en cours de représentation, de multiplier les situations scéniques, c est-à-dire de pouvoir repré-senter des pièces plus étendues, plus mouvementées, prises dans un répertoire plus vaste; en un mot,d’augmenter l’attrait de la représentation.
Tandis que les seconds, établis beaucoup plus simplement, sans machinerie, ne se prêtant pas auxchangements de décorations dans le cours de la soirée, n en peuvent recevoir qu une seule pour toutela représentation, à moins que celte décoration ne soit à transformation par rabattement, au moyen decharnières et de fils, ce qui exige encore de l’étendue et de la hauteur.
Le répertoire des pièces jouées sur ces scènes est donc forcément restreint.
Elles sont généralement ou annexées à un salon, à un hall, ou montées provisoirement dans unegalerie, un atelier d’artistes, une bibliothèque, etc.
Les théâtres fixes, construits dans une aile de château, ou dans un avant-corps, pour se prêter auxchangements de décors, de coulisses, de toiles de fond et de plafonds, doivent avoir les trois divisions
réglementaires : dessous , scène , dessus ou cintre avec gril.
Ils doivent être construits et proportionnés suivant les règles exposées dans nos précédents chapitressur les grandes scènes, d’après Y ouverture, le cadre. La scène doit avoir en largeur et en hauteur (au-dessusdu plancher) le double du rideau, avec une profondeur supérieure à la largeur, pour pouvoir, 1° faireavancer ou reculer des chariots de coulisses ; 2° représenter des apparitions ou des descentes ; 3“ enleverdes toiles de fond, nuages, bandes d’air, etc., et ce au moyen de treuils, poulies, contrepoids, etc.
Les bonnes proportions d’une scène du genre de celles dont nous nous occupons, sont :
Un cadre de scène de 4 m ,50 sur 4 mètres de hauteur, une surface de plancher de scène de huit à