religieux, de cruautés de toute espèce et d’abrutissement del’ame, le premier besoin de l’esprit se porta avec avidité ducôté des sciences naturelles (i).
Il semble donc que quelque chose nous entraîne comme mal-gré nous vers cette nature dont nous faisons partie, et l’on n’ensauroit douter ; car, même dans l’état actuel de nos mœurs,toutes les fois qu’une trop longue sociabilité a altéré la simpli-cité de nos goûts et de nos habitudes, et que nous nous sommeslassés de tout, nous revenons encore avec plaisir vers cette mêmenature ; nous cherchons à nous retirer auprès d’elle pour laconsulter ; et depuis le simple pasteur jusqu’à celui qui a le plusexercé ses facultés morales, chacun a sa manière de l’interro-ger, et tous sans exception obtiennent des jouissances pures.
Il seroit facile de porter jusqu’à l’évidence cette vérité, etmême de démontrer, par plus d’un fait, que si des hommesde génie, appelés à des places prééminentes, eussent été libresde s’appliquer à l’étude des sciences naturelles, ils n’auroientpas balancé dans leur choix.
En effet, cette étude satisfaisante ne porte-t-elle pas sur desbases mille fois plus solides que celles de la politique, dont onconnoît tout le néant ; que celles de la guerre , qui, sous pré-texte de conserver, ne tend qu’à détruire; que celles des reli-
(i) A cette époque parurent Agricola, Gesner, Aldrovande, Feranle Imperator,Bernard de Palissy, Belon, Rondelet, efc.