DE LA MONTAGNE DE S.-PIERRE. 179
Si quelque naturaliste vouloit s’occuper d’une monographie desbelemnites, qui nous manque, et qui ne seroit pas un ouvragefacile, je l’invite à considérer avec attention celles qu’on trouveen assez grande abondance dans les collines des environs deMaestriclit.
Figure 4 . Petite vertèbre fossile et non pétrifiée, d’un pois-son dont on ne sauroit déterminer l’espèce d’après une simplearticulation • mais j’ai dû la faire figurer à cause de sa belleconservation. Elle est dessinée sur deux faces et de grandeurnaturelle.
Figures 5 et G. Rien n’est, en général, si abondant que lesbras et les pinces d’une espèce de crabes, dans la montagne deSaint-Pierre et dans les collines du voisinage qui sont de lamême pierre.
Cent fois je me suis demandé, en recueillant les débris deces crustacées fossiles, dont l’enveloppe est blanche et calcaire,pourquoi l’on ne trouvoit jamais ni les corps, ni les autres par-ties de ces animaux? Après avoir réfléchi sur la singularité dece fait, qui est constant, et auquel je n’ai pu trouver aucuneexception, j’en ai dû conclure, que ces crustacées dévoient êtrede l’espece des Bernard l’hermite, qui ont le corps si molasseet si délicat, qu’ils sont obligés de le défendre de toute atta-que et de tout accident, en se logeant dans des coquilles uni-valves, qui leur servent d’asyle et comme de rempart; de ma-nière que lorsque quelqu’événement les déplace, ils deviennentbientôt la proie des poissons et des molusques de toute es-pèce qui peuplent la mer et qui les dévorent. Mais leurs bras etleurs pinces étant recouverts d’une espèce de cuirasse solide,doivent rester intacts ; et confondus dans la suite, soit avec les