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Tome premier.
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i 5 z A S Trence de sçavoir, pour en im-poser à ceux qui étoient assezsimples pour écouter les sotti-ses qu’il débitoit.

Ce qu’ils disoient sur les Pla-nètes n’étoit pas moins extra-vagant. Suivant eux les influen-ces de Saturne étoient les uneslanguissantes , les autres meur-trières. Ils attribuoient à Jupi-ter la distribution des Scéptres6 c des grandeurs , la prolon-gation de la vie Lc tous lesévenemens les plus heureux.Mars inspirent le goût des ar-mes. Vînus rendoit les hom-mes voluptueux. Mercure avoitla Sur-Intendance du commer-ce. Le pouvoir des Planètes pa-roissoit sur-tout , lorsqu’cllesétoient en conjonction avecun signe biensailant. II se for-moit alors un parallélisme d’in-fluences bénignes qui mar-choient de compagnie , Le al-loient tomber fur l’heureuse tê-te qui venoit de naître en cemoment.

Cette doctrine, toute insen-seníée qu’eiie est , n’a eu quetrop de Partisans jusqu’au sié-cle de Louis le Grand. Je n’cnfuis pas surpris ; elle tranquil-lisent les crinv.nels , en leurfaisant rejetter sur l’impreísioninévitable de la Planète domi-nante , le mal qui n’étoit l’ou-vrage que de leur dépravation.

A S T

ASTROLOGUE. Nomqu’on donne à quiconque Rap-plique à l’Astrologie judiciaire.Ces sortes de devins font main-tenant aussi méprisez , qu’ils leméritent. II n’en a pas toujoursété de même. Tibère, au rap-port de Tacite , en faisoit uncas infini. Voici à quelle oc-casion il apprit à les estimer.Exilé à Rhodes fous l’Empired’Auguste, il aimoit à sc tenirsur le haut d’ûn rocher fortélevé aù bord de la mer. Cefût là qu’il consulta un Astro-logue nommé Thrajyllus. Ce-lui-ci lui promit l’Ëmpire ôctoutes sottes de prospérités.Puisque tu es fi habile , lui ditTibère, pourrois-tu me dire com-bien il te refile de tems a vivre ?Trhasyllus feignant de regarderles Astres , regarda les yeuxde Tibère. II comprit qu’il levouloit faire précipiter dans lamer. Autant que fi en puis ju-ger , s’écria-t’il, je fuis a cetteheure même menacé d’un grandmalheur. Ce trait d’esprit luisauva la vie ; Tibère le regar-da comme un Oracle , Le iì luidonna toute sa confiance. LesAstrologues n’ont aujourd’huide crédit que dans les PaysIdolâtres. Les Brachmancs sur-tout exercent sur le Peuple uneautorité tyrannique; 2e c’est àl’Astrologie qu’ils doivent toutleur pouvoir.