io 4 A U RAURORE MÉRIDIO-NALE. Dom Antoine deVlloa Capitaine de vaisleaudu Roi d’Espagne , assuredans une lettre qu’il écrità M r . de Mairan , qu’aprèsavoir doublé le Cap de Hornqui le trouve à environ cin-quante-fept degrés de latitudeméridionale , il vit souvent ducôté du pôle austral une gran-de clarté dans le Ciel , quimontoit quelquefois jufqu’àtrente degrés au dessus de l’ho-rizon , à - peu - près commequand la lune est prête à selever , quelquefois plus rou-geâtre j & quelquefois plusbrillante , ou plus blanche. IIajoute que ces entrevues ne du-roient guércs au-delà de troisou quatre minutes, parce quedans ce pays-là des brouil-lards fort épais fe succèdentpresque continuellement lesuns aux autres. Cette lettredattée du 1 8 Avril 1750, fetrouve dans la seconde éditionde l’aurore boréale de M r . deMairan page 4-59.
M r . Frezier qui doubla lemême Cap en 171a, rapportedans fa relation de la mer duSud, qu’à une heure ÒC demieaprès minuit une grande par-tie de l’équipage vit un mé-téore inconnu aux plus anciensnavigateurs qui étoient pré-
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sens ; c’étoit une lueur diffé-rente du seu Saint Elme &d’un éclair , qui dura une de-mi minute. Tout cela nousprouve que nous n’avons rienhazardé , lorsque nous avonsdit dans l’article précédent ,que les habitans des plages Mé-ridionales voyoient autantd’aurorcs australes , que les ha-bitans des Pays Septentrio-naux en voyent de boréales.Ces phénomènes rapportés parDom Antoine de Vlloa &c parM. Frezier , étoient évidem-ment des aurores Méridiona-les , causées par la précipita-tion des dernières couches del’Athmofphére du Soleil danscelle de la Terre. En effet puis-que nous avons prouvé que lesloix de la force centrifuge em-pêchoient ces couches de pé-nétrer la partie de l’Athmof-phére terrestre qui correspondà la zone torride , il est né-cessaire que la matière qui lescompose , soit rejettée en par-tie vers le pôle arctique poury causer des aurores boréales,èc en partie vers le pôle an-tarctique pour y produire desaurores Méridionales. Si cePays avoir autant d’obferva-teurs que le nôtre, & que lesbrouillards y fustent moins fré-quens, l'on pourroit avoir destables des aurores Méridiona-