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composé d’Hommes muets, 8csupposons que déjà privés dela parole, la nature leur a mê-me refusé tout moyen de lefaire entendre les uns aux au-tres ; quel usage pourroient-ilsfaire de leur connoiísance 8cde leur esprit ? II est évidentque ne pouvant ni entendre ,ni être entendus, ils ne pour-roient ni donner aucun secoursà la Société , ni en recevoir.Loin de s’cntr’aider, ìlsfcroientnécessairement dans une oppo-sition continuelle. La défianceferoit générale. Les injures, lahaine 8c la vengeance rom-praient tous les principes d’u-nion ; 8c bientôt changés enbêtes féroces , on les verroitne songer qu’à se détruire. Enun mot plus de communica-tion , plus de Société. II enferoit de même des Castors 8cde toutes les Bêtes de la pre-mière espèce. Si l’on supposequ’elles n’ont pas enrre-elles unlangage, quel qu’il soit, pours’entendre les unes les autres,on ne conçoit Aus commentleur Société ppurroit subsister.
La nécessité d’un langage estle même pour tous les Ani-maux , de quelque espèce qu’ilssoient. Oui , s’il y a quelquesBêtes qui parlent , il fautqu’elles parlent toutes. Pour-quoi la nature auroit-elle refusé
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aux unes un Privilège quelleauroit accordé aux autres? Rienne feroit plus contraire à l'uni-formité quelle affecte danstoutes ses productions. Les Ani-maux même qui nous parodientles plus féroces , ne laistcnt pasd’avoir entre-eux,dans chaqueeípéce , un certain commercequi suppose Inexistence d’unlangage. Le P. Bougeant prou-ve cette proposition par unexemple , de la vérité duquelje ne voudrois pas être le ga-rant. Un homme, dit-il , pas-sant dans une Campagne , ap-perçut un Loup qui íembloitguetter un troupeau de Mou-tons. II en avertit le Berger ,8c lui conseilla de le faire pour-suivre par les Chiens. Je m’engarderai bien , lui répondit leBerger. Ce Loup que vous vo-yez , n’est-là que pour détour-ner mon attention ; un autrequi est caché de l’autre côté ,n’attend que le moment où jelâcherai mes Chiens fur celui-ci , pour m’enlcver une Brebis.Le passant ayant voulu vérifierle fait , s’engagea à payer laBrebis, 8c la chose arriva com-me le Berger l’avoit prévue.Une ruse si bien concertée nesuppoíe-t’elle pas évidemmentque les deux Loups font con-venus ensemble l’un de le mon-trer 8c l’autre de se cacher ; Sc