DAN
dans son cercle par un autrecorps, comme il arrive à unepierre qui tourne dans unefronde, s’échappe par la tan-gente du cercle. Le P. Danielavance que Dieu auroic pûétabiir une autre loi pour cemouvement , sçavoir que lapierre tournant en rond , 6cla fronde íe rompant, la pierrecontinueroit son mouvementcirculaire , au lieu de suivre latangente.
A la vérité , continue-t'il , íîDieu avoit établi cette loi dumouvement dont je viens deparler , íì contraire à celle qu’ila réellement établie , 6c quia tant d’étendue dans les mou-vemens qui se font dans notreMonde , 6c qu’il en eût en-core établi d’autres contrairesà celles que nous y voyonsaujourd’hui, ce ne feroit plusla même machine du monde ,parce que les ressorts en fe-roient tout dissérens , 6c queces reílbrrs joueroient d’unemaniéré toute dissérente decelle que jouent ceux qui lefont aller avec tant de régu-larité. Mais la Toute-puiílan-ce de Dieu n’auroit pas man-qué de moyens pour parvenirà une autre espèce de régula-rité auíîi parfaite que celle quenous voyons dans notre Mon-de , par d’autres loix du mou-
D A N 499vement qu’il auroit bien lçucombiner.
Enfin le P. Daniel en vientà cette fameuse question oùl’on demande si l’Ame de l’Hom-me est cause Physique , ou seu-lement cauíe occasionnelle desmouvemens libres de son corps.Notre Ame , dit-il , est un es-prit qui n’a point de dimen-sions , ôc qui par conséquentne peut point s’appliquer à no-tre corps par fa longueur 6Cpar fa largeur pour lui impri-mer du mouvement, en le pous-sant comme le feroit un autrecorps.
D’autre part notre corps n’é-tant qu’une matière arrangée,ne peut pas agir fur un eíprit.Car quand même cette matièreauroit un principe d’acbion ,ce qu’elle n’a pas , elle ne pour-roit agir que par l’agitation 6clc mouvement des parties dontelle est composée : or quelleimpression ce mouvement pour-roit-il faire sur l’Ame.
Ce que nous connoissons del’Ame, c’est qu’elle veut, qu’el-le a un entendement 6c une vo-lonté , qu’elle sent le plaisir 6cla douleur. Ce que nous con-noissons de la matière , c’estqu’elle est étendue , divisible ,susceptible de mouvement, derepos, de figure. Nous ne vo-yons nulle proportion entre ces