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Tome premier.
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DUR DUR 599

DURETÉ. Un corps est dur, lorsque les parties dont il estcomposé , ne se séparent pas facilement les unes des autres.Ce n’cst pas seulement aux molécules sensibles, c’cst encoreawx molécules insensibles des corps que la dureté convient ;èc ce point de Physique n’est pas auísi facile à expliquer , quel'on pourroit d’abord sc l'imaginer. Voici quelles lont là-des-sus nos conjectures.

i°. Les parties insensibles d’un corps dur , quoique trop dé-liées pour tomber fous nos sens , font cependant composéesde particules encore plus petites , que je nommerois volon-tiers parties élémentaires. Ces parties élémentaires lont telle-ment configurées, quelles font très-propres à s’accrocher très-exactement les unes avec les autres ; auísi sont-elles jointesde maniéré , qu’elles font privées de toute forte de pores ,où , s’il leur en reste quelques-uns , ils font trop petits pouradmettre le fluide même le plus subtil ; c’cst donc à la fi-gure des parties élcmcntaiics que nous pouvons attribuer ladureté des molécules insensibles dont le corps dur est com-posé.

a". Pour la cause principale de la dureté des corps nousla trouvons dans le fluide qui les environne , & qui presteleurs molécules sensibles les unes contre les autres. Ce n’cstpas la matière subtile des Cartésiens que nous prétendonsdésigner par ce fluide ; production ingénieuse d’une imagina-tion hardie , elle n’aura jamais aucun effet réel ; ce n’est pasmême l’air que nous respirons, que nous regardons commela feule caulc de la dureté ; c’cst , avec cet air , un fluideencore plus lubtil , dont l’existcnce nous est constatée par uneinfinité d’Expérienccs. En effet lorsqu’on a mouillé deux pla-ques de marbre , Lc qu’on les a appliquées l’unc contre l'an-cre , de façon à en chaster toutes les particules d’air qu’il pou-voir y avoir entre deux , non-sculcment ces deux plaques nese séparent que très-diísicilement , lorsqu’on les tire perpen-diculairement à leurs faces , mais encore M r . l’Abbé Nolleta éprouvé que leur union subsistoit , après qu’on avoir ra-réfié l’air , autant qu’il est possible de le faire , avec la Ma-chine p n éu ma tique la plus exacte.

Quelques NcTtoniens, je le scais , expliquent la dureté desTome /. ' Nnnn