35i I N Opic chez qui la superstition &l’amour de la singularité ontl’air de la religion 6c de Thu-manité.Une Nation flot-
tante dans une multitude degrossières erreurs. Une au-
tre Nation plongée dans leScepticisme , qui réduit sa foi,ses mœurs aux avantages tem-porels.Une République qui
donne asyle indifféremment àtous les cultes ; tels font lesPeuples chez qui l’inoculationa pris naiífance ou a reçu sonéducation , tels font les Mo-dèles qu’on nous présente. Querestc-t’il de plus à nous persua-der , disent les Anti-ïnocula-teurs ? Que c’cst chez ces Peu-ples que nous devons choisirdes Médecins pour nos Amesavec autant de confiance quenous en appelions de chez-euxpour sc jouer de nos vies.
Réponse. Tout Argument quitient de la déclamation ne mé-rite aucune réponse. De quel-que Pays que nous vienne unremède ; s’il est bon , s’il estinfaillible , s’il n’est défendupar aucune loi, l’on peut, l’ondoit s’cn servir.
Second Argument. Dans lesHommes que la petite vérolene doit point outrager , n’yen eût-il qu’un seul qui , parla voie de l’inoculation , vîntà périr ; dès-lors l’inoculateur
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seroit convaincu d’un véritablehomicide : la mort de cet ino-culé , arrivée contre l’ordre dela Providence , seroit son ou-vrage.Qu’on grossisse tant qu’onvoudra le nombre des sujetsque l’inoculation enlevé autombeau où la petite vérolenaturelle les eût précipités , lavictime unique que l’inocula-tion s’est réservée , n’cn a pasmoins droit de se plaindrequ’on l’a sacrifiée. La vie sau-vée à mille Citoyens ne justi-fie pas le meurtre d’un seul ;on n’a pas droit d’allonger leurtrame aux dépens de la sienne ;le mal de l’un ne se réparepoint, ne s’expie point par lebien des autres. La Morale netrouve pas son compte aux cal-culs de la Politique ; ces cal-culs ne doivent pas l’emporterfur la discipline des mœurs ;les régies de la Morale fontplus précieuses à l’Etat que lesmaximes de la Politique ; quandleurs maximes se trouvent enopposition, ce sont les Sistê-mes de la Politique qui doi-vent plier fous les Loix de laMorale. Donner à quelqu’unqui se porte bien , une mala-die qu’il n’auroit peut-être ja-mais eue, une maladie facticequi peut absolument le tuer ;c’estse jouer de la vie des Hom-mes ; c’est faire violence à Tor-dre ,