FORMATION DE LA CRAIE. x43
Nous avons parlé de la profondeur des vallées de la craie etde la rapidité de leurs pentes ; celles qui sont dans la craie blan-che laissent voir souvent une succession de petits gradins d’uncinquième de mètre environ, qui sont dûs aux strates assez régu-lières de cette craie. Les gazons maigres qui les tapissent n’em-pêchent point l’œil de suivre leurs plans, et en relèvent même lesangles saillants. Mais il ne faut pas confondre cette dispositionnaturelle du terrain avec les traces laissées sur les pentes descoteaux de la Seine par le mouvement des eaux, et que nousavons rappelées ci-dessus, n° 11 , en décrivant les grandes terrassesdes vallées des environs de Dieppe .
Cet aspect avait frappé Franklin ; dans le journal de souvoyage de Pai'is au Havre , lorsqu’il retournait en Amérique ,on trouve l’observation suivante sur les collines des environsde Rouen :
« Nous avons traversé une chaîne de montagnes de craie très« hautes, avec des couches de cailloux. Les fragments énormes« de ces montagnes, que l’eau paraît avoir emportés, ont laissé« des cavités de plus de trois cents pieds; ce qui indique une« grande antiquité. Il semble que ces endroits ont été battus par« la mer. »
Les couches de la craie sont presque toujours horizontales;mais, vers ses limites avec les terrains inférieurs, leur directionincline il droite et à gauche de la vallée de B ray. Dans d’autresrégions, elle passe par tous les degrés d’inclinaison. On en citemême d’accidentellement contournées et de verticales dans l’ile