— 5
voulut vérifier par lui-même l’exactitude du procédé ; voicien quels termes il rendit compte de sa tentative :
« Un opticien bien connu par son habileté à construiredes instrumens d’une grande perfection, M. Charles Che valier , du Palais Royal, a bien voulu mettre à notre dispo-sition des appareils copiés aussi fidèlement que possible surceux que M. Daguerre a montrés à l’Institut. Voici le r&ul-tat des essais qui ont été tentés depuis trois jours, en com-mun, par M. Chevalier et par M. le capitaine Richoux, trèsadroit expérimentateur, et aujourd’hui par moi-même.
»Les premières expériences ont donné un résultat à peuprès nul; peu à peu quelques linéamens ont commencé àparaître, mais si faibles encore et si imparfaits, qu’ils nepouvaient nous satisfaire; enfin, aujourd’hui même, à troisheures, je cite l’heure précise, puisqu’il paraît que les diversinstans de la journée ne sont pas sans influence, j’ai repro-duit d’emblée une image, je ne dirai pas satisfaisante, desmonumens qui se peignaient au fond de notre chambre obs-cure , mais à peu près aussi parfaite qu’il est possible de ledésirer , et capable de rivaliser avec les vues du mêmegenre que j’ai tant admirées chez M. Daguerre lui-même.
» Aucun détail minutieux ne manquait à mon tableau , etla loupe y faisait découvrir cette foule d’objets microscopi-ques que la vue seule y chercherait en vain, retracés avecla précision et la finesse, avec cette admirable dégradationde teintes que la main la plus habile essaierait en vain dereproduire et d’imiter ; la puissance et la supériorité de cemerveilleux artiste que M. Daguerre a su plier à sa volontéet faire manœuvrer sous ses ordres, était empreinte là demanière à confondre l’imagination la plus hardie ; c’est , jevous jure, une bien vraie et bien nouvelle jouissance quecette création que l’on voit sortir de ses mains dans toute sa