g :2 DE LA P I ERRE A C H AUX
2. La pierre à chaux coquillère, cale amis testaceus, Wall. syst. min. sp. 55.
Le spath calcaire cristallisé, spathtm aystallisatum , Wall. syst. min. sp.65, que nous trouvons dans nos coquilles fossiles, sur-tout dans les tarets,se réduit à si peu de chose , -qu’il ne vaut pas la peine de s’y arrêter.
En revanche nos pierres à chaux sont si abondantes, qu’on en trouvepresque par-tout, et que , quelque quantité qu’on en tire, on ne risque pasd’en épuiser le pays : aussi ont-elles fait jusqu’ici l’objet le plus intéressantde nos productions souterraines, par les pierres à bâtir, les pavés, et lachaux quelles nous fournissent,- et par les pierres à diguer et à lester, quenous vendons annuellement à la Hollande. On en sera convaincu, lorsqu’onsaura, qu’autour du seul village de IVlelsbroeck, il y a une trentaine decarrières actuellement ouvertes , dont presque tout le produit , à l’exceptiondu peu de chaux qu’on y brûle , se vend aux Hollandois. La plupart denos carrières s’exploite au jour. On y découvre la pierre dans un espaceborné, qu’on fouille tant qu’on en trouve des couches, ou jusqu’à ce quel’eau empêche le travail. Pour lors on remplit l’excavation ; on entame une
partie voisine, et ainsi successivement jusqu’aux limites du terrein, dont ona la disposition : car ici chaque propriétaire des terres l’est aussi des pier-res quelles renferment. 11 est d’autres carrières, comme sont celles de Laec-ken et la plupart hors des portes de Halle et de Namur, qu’on exploiteau moyen des puits et des galeries. Ce sont ces carrières qui nous fournissentnos meilleures pierres à bâtir : aussi y dCstine-t-on toutes celles qu’on entire. Elles ont, comme on voit pag. 19, généralement plusieurs couches depierres réputées bonnes, d’autres trop minces, et souvent une dans le fond,’qu’on méprise comme trop raboteuse, et trop remplie de pétrifications : elleseroit cependant bonne pour la chaux et pour les fondemens : on en faisoitmême ci-devant des pavés pour les vestibules et pour les chambres, maisla cherté de la main d’œuvre les a fait abandonner..
Dans les carrières au jour, on trouve très-souvent les pierres à chaux,en forme de moellons dispersés sans ordre dans le sable : mais dans les car-rières à puits cqs pierres sont disposées en lits très-réguliers , qui forment descouches, brisées et arrangées de manière, qu’il est visible qu’autrefois ellesont fait corps ensemble : car les interstices qui les séparent sont si étroits,les angles saillans de l’une correspondent si bien aux angles rentrans dél’autre, qu’on peut les comparer à un pavé, ménagé avec adresse parun ouvrier habile. Mr Monnet a observé des couches tout-à-fait pareillesdans le pays d’Aunis, et dans les îles voisines de Ré , d’Oléron , et d’Aix( 1 )• Ces pierres, dont le contour est irrégulier, ont depuis “pied, jusqu’à5 pieds de longeur, et jusqu’à 3 pieds de largeur. Leur épaisseur va depuis4 pouces jusqu’à 11: Aucune carrière, soit au jour soit à puits, n’en four-nit de plus épaisses, si l’on en excepte celle près de Diligent, qui, parmiles deux couches, dont elle est composée, en contient une de 2 pieds d : e*paisseur.
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< 1 ) Journal de physique, t. 20. p. 40,